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Du 26 octobre au 10 novembre 2015, le 3e RHC (régiment d'hélicoptères de combat) a conduit Murzuq, un exercice tactique dédié à la préparation de sa projection en BSS à partir de janvier 2016. Cet entraînement poursuivait quatre objectifs principaux. Tout d'abord continuer l'expérimentation de la NUMALAT avec l'emploi du SITALAT et du kit HMPC. Ensuite renforcer la coopération avec les drones de l'armée de Terre. Mais aussi travailler le commandement d'un GTIA/A (groupement tactique interarmes à dominante aéromobile) par le chef de corps d'un régiment d'hélicoptères de combat. Enfin, finaliser le mandat d'emploi du PPRAD (peloton de protection de reconnaissance et d'aide au déploiement), les missions de ce peloton allant de la demande d'appui feu, à l'escorte de module terrestre, en passant par l'évacuation sanitaire héliportée.

Enfin, le colonel Verborg, chef de corps du 3e RHC, avait constaté qu'à force de déploiements, les personnels s'entraînaient moins et réalisaient sensiblement toujours les mêmes missions, aussi Murzuq devait pouvoir permettre de remédier à cela.


Un gros exercice

Pour Murzuq, les moyens déployés étaient plutôt conséquents. Pour le seul 3e RHC, près de 300 personnels étaient impliqués ainsi que 14 Gazelle et 7 Puma. A peu près autant de personnels provenant d'autres unités de l'armée de Terre y participaient, dont un Caïman du 1er RHC de Phalsbourg ainsi qu'un Tigre et un Cougar du 5e RHC de Pau. La première partie de l’exercice s'effectua sur simulateur, ce n'est qu'à partir du 30 octobre que commença le LIVEX. Tout d'abord avec une phase de mécanisation à Etain au profit des unités extérieures au 3e RHC, cela signifiait des entraînements propres à l'aéromobilité comme l'aérocordage, l'embarquement et débarquement d'un mortier de 120 mm, ou bien encore le raid d'artillerie. Ensuite, sur le terrain militaire de Vouziers fut déployée une BOAT (base opérationnelle avancée temporaire), sur laquelle outre les voilures tournantes, se trouvaient les radars, les drones, le ravitaillement. C'est à partir de ce terrain que durant 8 jours se déroulèrent les différents scénarios. Les deux derniers jours de l’exercice se tinrent sur le terrain de Grostenquin.

Enfin chaque entraînement qui commençait de jour devait s'achever de nuit, et ceux démarrant la nuit devaient finir le jour.

Ça tire à Suippes

Souhaité par le chef de corps du 3e RHC, Murzuq comportait un volet tir réel sur le champ de tir de Suippes. Reporté au lendemain en raison d’une météo peu favorable, ce mercredi fut à n’en pas douter le point d’orgue de cet exercice. Tout commença avec l’arrivée discrète du Tigre, volant à basse altitude et profitant à plein de l’efficacité de son camouflage au milieu de la forêt du large champ de tir, le puissant hélicoptère ne se dévoila qu’en prenant un peu d’altitude juste avant son tir. Le Tigre tira tout d’abord pas moins d'une quarantaine de roquettes de 68 mm reparties dans quatre paniers sous ses moignons d’ailes. Assez peu précises mais parfaites pour saturer rapidement une zone donnée, l’emploi de ces roquettes nécessitait que tout le monde soit à l’abri lors du tir pour éviter quelques dommages dus à une trajectoire aléatoire de l’une d’elle. Après ces premiers tirs, un groupe de quatre Puma arriva en très basse altitude, et déposa simultanément sur une DZ une cinquantaine de fantassins qui se postèrent immédiatement derrière des talus. Les mitrailleuses mises en batterie, c’est un déluge de feu qui s’abattit sur les cibles du champ de tir. Puis deux hélicoptères revinrent, tout d’abord une Gazelle qui vint tirer un missile HOT dans un fracas assourdissant, puis de nouveau le Tigre qui satura le «  champ de bataille  » cette fois-ci à l’aide de son canon de 30 mm en tourelle. La «  zone  » bien traitée, les fantassins purent quitter leurs abris pour se lancer à l’attaque de leur cible en dévalant des pentes herbeuses. Enfin, le «  combat  » achevé, les quatre Puma dans une manœuvre souple et rapide vinrent récupérer les hommes. A cet entraînement succéda une manœuvre plus spécifique au régiment d’hélicoptères de combat, à savoir la récupération d’un hélicoptère tombé dans une zone hostile (IMEX ou extraction immédiate). Dans le cas présent, c'était une Gazelle qui joua le rôle de la «  victime  », en se posant dans le champ de tir. Deux Puma arrivèrent rapidement, et déposèrent des soldats, puis à l’aide de leurs mitrailleuses MAG 58 de sabord, tinrent en respect par leur feu les «  ennemis  » alentour. Cette manœuvre périlleuse dura une bonne dizaine de minutes le temps que l’équipage de la Gazelle soit récupéré saint et sauf  ; enfin tout le monde pu quitter la zone. Tous ces entraînements se sont déroulés sous le contrôle d'un Puma au camouflage sable (le DCN) qui orbitait au loin, à quelques kilomètres au sud du champ de tir. En fait, c'était le HMPC.

Le HMPC

Le 3e RHC est l'unité en charge de l'expérimentation du kit HMPC (hélicoptère de manœuvre poste de commandement). Le besoin d'un poste de commandement embarqué est apparu au cours de l'opération Harmattan. Ce kit amovible, composé de quatre consoles, permet d'obtenir en temps réel une situation tactique et donc d'adapter en conséquence les manœuvres à effectuer. Le module HMPC avec ses quatre opérateurs pèse 1200 kilos, mais n'impose aucune restriction concernant les évolutions de l'hélicoptère. En revanche, pour obtenir les meilleures performances en termes de portée, il est évident que la machine doit évoluer en altitude. La phase suivante du développement du HMPC sera l'intégration de liaison 16 (L16). Ceci permettra d'avoir ainsi une visualisation de la situation tactique encore plus large et complète. Complété par les Gazelle SITALAT (système d'informatisation terminal de l'ALAT) qui permettent de numériser en 3D le champ de bataille, et par les drones du 61e RA, cet ensemble cohérent mis en œuvre durant Murzuq, permit de finaliser l'expérimentation du concept de NUMALAT (numérisation de l'ALAT).

Cette évolution rapide de l'ALAT vers la numérisation correspond parfaitement à la réflexion du chef de corps pour qui «  l'ALAT est une arme en déséquilibre permanent vers l'avant  ».


La suite

Durant de nombreuses années, le 3e RHC fut l'objet de rumeurs promettant un avenir assez sombre à ce régiment. Il semblerait que ceci ne soit plus le cas, et que l'avenir du «  Régiment de la Nuit  » s'inscrive dorénavant dans la durée. En 2016, des travaux conséquents seront effectués sur la piste et à l'escale, pour notamment être capable d'accueillir de gros porteurs, mais aussi de nouveaux locaux verront le jour. Enfin, il se murmure que des NH pourraient rejoindre Etain à l'horizon 2021.

Pour l'avenir immédiat, 2016 sera une grosse année pour le régiment avec les déploiements de personnels navigants, de soutien et de commandement sur différents théâtres. Une fois l'année achevée, 600 personnes sur les 800 du 3e RHC seront parties en OPEX.

Au regard des dernières opérations, le rôle des régiments d'hélicoptères de combat n'est pas près de s'amenuiser et comme le dit le colonel Verborg «  l'aérocombat c'est la capacité d'adaptation permanente à la réalité avec les contraintes de l'aéro  ».


Je tiens à remercier les personnels du «Grand 3» pour leur accueil exceptionnel, en particulier le chef de corps. Merci aussi à l’officier de Communication pour son aide précieuse durant tout l’exercice.