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Le jeudi 24 septembre dernier, sur la BA133 de Nancy-Ochey, s'est déroulée une cérémonie marquant le centenaire de la SPA67. C'est en effet le 17 septembre 1915 que cette escadrille de l'EC 2/3 Champagne fut créée.

Formée sur Nieuport N67, puis plus tard sur SPAD, cette unité traversa la Grande Guerre en remportant 48 victoires aériennes homologuées et 21 probables. Elle compta dans ses rangs le célèbre as Jean Navarre «  la sentinelle de Verdun  ». C'est en octobre 1917 qu'elle fut rattachée au Groupe de Chasse des Cigognes et adopta la cigogne de la SPA3 de Guynemer. Avec deux citations durant la première guerre mondiale, la SPA67 fut la première escadrille a acquérir le droit de porter la fourragère.

A l'aube du second conflit mondial la SPA67 fut transformée sur Curtis H75. Rattachée au Groupe de chasse I/5, elle s'illustra particulièrement durant la campagne de France, en effet le Groupe revendiquera pas moins de 111 victoires aériennes, meilleur palmarès de la chasse française. Un de ses pilotes se distingua tout particulièrement durant cette période. Le Lieutenant Marin la Meslée devint avec 16 victoires confirmées l'as des as de cette unité (il perdit la vie en février 1945 avec un total de vingt victoires aériennes).

Après la guerre, l'unité se transforma sur réacteur (Vampire) en 1950. C'est à partir de 1965 que l'escadrille passa sur le mythique Mirage IIIE. Enfin depuis 20 ans la SPA67 vole sur sa monture actuelle à savoir le Mirage 2000D.


La communauté 2000D sur la brèche

L'histoire de la SPA67 ne s'écrit pas seulement au passé, elle se conjugue aussi au présent. Mais ce n’est pas seulement l'escadrille SPA67, ou même l’EC 2/3 Champagne qui sont soumis à un tempo opérationnel extrêmement élevé, mais bien l’ensemble de la communauté 2000D. Depuis 2003 et les premiers déploiements sur le théâtre afghan, les «muds» de Nancy ont été de toutes les campagnes, et depuis 2011,  avec l’opération Harmattan en Libye, le rythme s’est encore accéléré. En 2015 avec des plots en Jordanie dans le cadre de la lutte contre l’Etat Islamique en Irak et en Syrie, et en Afrique  pour lutter contre les groupes terroristes en BSS, les personnels de Nancy sont perpétuellement sur la brèche. Dorénavant les équipages participent à deux DETAM par an (qui dure pour chacun, entre deux mois et deux mois et demi). L'intérêt pour les personnels naviguant est que ces deux théâtres d’opération sont extrêmement différents. Au Moyen-Orient c’est un engagement au sein d’une coalition internationale, parfois dans des environnements aériens encombrés, avec des drones et des avions étagés sur plusieurs niveaux pour travailler ensemble. En BSS en revanche on est dans un environnement plus franco-français, les communications s’établissent en français, les ravitaillements se font auprès de tankers français, et le travail se fait en relation avec des JTAC français.

A force de déploiements les équipages de Nancy ont développé des méthodes de fonctionnement spécifiques et bien rodés. Ainsi lors des DETAM les binômes pilote/navigateur sont constitués pour la durée du déploiement. Dorénavant cela va même plus loin, autant que faire se peut, ce sont des patrouilles constituées qui volent ensemble, la synergie entre quatre navigants évoluant toujours ensemble est ainsi encore meilleure. 

Un anniversaire marqué comme il se doit

Pour célébrer dignement ses 100 ans, l’escadrille avait su concocter un joli petit plateau statique. C’est ainsi que sur les parkings du HM5 se trouvaient quelques machines venues d’autres bases aériennes, pour participer à l'anniversaire de la SPA67. Tout d’abord avec un joli Mirage 2000-5F des Cigognes de Luxeuil, paré de nouveau, de l’historique code en 2-Ex. Volonté de ressembler aux cigognes du 2/3, ou envie de montrer ce qu’est la supériorité aérienne, toujours est-il que ce 2000 «  bleu  » paraissait plutôt lourd en configuration trois bidons et quatre MICA, sûrement pas la configuration idéale pour faire montre d’agilité, mais sûrement la plus adaptée pour tenir longtemps l’air et affirmer sa supériorité en BVR. La BA118 avait envoyé un Rafale C du Neu-Neu dans une configuration tout autant guerrière, avec deux bidons, deux énormes SCALP et enfin un MICA  en bout d’aile! A noter que cette machine du 2/30 portait fièrement un code en «  30  » symbole de la re-création récente de la 30e Escadre de Chasse. Saint-Dizier avait dépêché pour sa part, un Rafale monoplace aux couleurs de l’ETR 1/92 Aquitaine, mais sa configuration légère avec quatre missiles MICA et un seul bidon ventral laissait deviner plutôt une machine du 1/7 Provence, une unité experte dans le domaine air-air sur le biréacteur de Dassault. Enfin à tout seigneur tout honneur, c’était un Mirage 2000D qui complétait cet intéressant plateau, classiquement lesté de deux gros réservoirs, mais emportant en point central un SCALP que les équipages de Nancy ont tirés plusieurs fois au cours des derniers engagements, deux bombes guidées laser, et une bombe d'exercice bleue complétant la panoplie.

Mais le morceau de choix était le Mirage 2000D n°624 (le 667 n'ayant pas été choisi...) sur la dérive duquel fut peint une jolie décoration commémorative faisant la part belle à la Cigogne de Guynemer. Enfin, la Patrouille de France, sur le chemin du meeting d'Haguenau, fit un crochet par Ochey pour colorer le ciel d'un joli drapeau bleu blanc rouge.


Les escadrilles de l'Armée de l'Air, trouvant souvent naissance lors de la 1ère Guerre Mondiale, il y a fort à parier que de nombreuses autres célébrations de centenaires, se dérouleront lors des prochaines années au sein des différents escadrons.


Merci à «Jeff» pour sa disponibilité, sa gentillesse et son organisation sans faille! Merci aussi à «Barbouze» pour sa patience durant cette journée.