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Si le transport logistique est depuis des décennies une composante majeure de toute force aérienne, le transport aérien tactique a été remis sur le devant de la scène dernièrement par la France. En effet lors de l'engagement au Mali en 2013, plusieurs opérations aéroportées d'envergure furent menées. Celles-ci firent appel à plusieurs compétences des transporteurs, comme le largué massif de parachutistes, le parachutage de charges lourdes sur palettes, ou bien encore le posé d’assaut sur terrain sommaire.

Maîtriser ces compétences et les mettre en œuvre dans des opérations interalliées nécessite une formation standardisée. Lancé par l'AED (Agence Européenne de Défense), conduit par l'EATC (European Air Transport Command), c'est l'Armée de l'Air sur la BA123 qui a organisé l'EAATTC 15-2 (European Advanced Airlift Tactics Training Course) durant les deux dernières semaines du mois de mai 2015.


EAATTC 15-2

Cette formation de deux semaines rassemblait à Bricy environ 140 personnels provenant de cinq pays mettant en œuvre six avions. Un Hercules espagnol, un belge ainsi qu'un français, un Transall allemand et un français, et enfin un C-130J italien. Une machine qui concentrait pas mal d'attention, du fait de bruits insistants sur une probable acquisition de quatre exemplaires par la France dans le cadre de l'actualisation de la LPM 2014-2019 (contrat finalement signé le 1er février 2016). Il était à noter aussi la présence notable de deux observateurs jordaniens, peut-être annonciatrice d'une prochaine participation. Du fait du caractère unique de cette formation au profit des transporteurs, de plus en plus de nations sont intéressées d’y participer. Malheureusement pour l'instant ces stages ne peuvent être dispensés qu'aux sept nations cadres (France, Italie, Benelux, Espagne, Allemagne). En effet l'écueil  principal auquel doit faire face l'EATC est le nombre assez limité de formateurs. Ceux-ci doivent mener de front une carrière en unité opérationnelle en plus de cette qualité d'enseignant. Et pour eux ces stages durent en fait trois semaines (une semaine de préparation et deux de formations)  !

Difficultés croissantes

Durant cette formation, les équipages vont découvrir de nouvelles façons d'évoluer. Une des plus marquantes est celle d'apprendre à voler en formation. Chaque équipage vole quatre fois comme ailier puis quatre fois comme leader. Un exercice pas forcément évident, en particulier quand la patrouille est composée de deux machines aux performances très différentes. Au fur et à mesure des cours la complexité va augmenter. Certains vols se déroulent dans des zones saturées de défense, aussi bien sol-air que air-air, des chasseurs de l'Armée de l'Air étant chargé de jouer les Red-Air.

Les briefings dans les locaux flambants neufs du CIET 340 montrent la difficulté des missions à réaliser. Tout d'abord aux classiques contraintes météorologiques et aérologiques, il faut appréhender les règles de sécurité à respecter pour un vol à deux. Puis il faut coordonner celles-ci avec les contraintes des loadmaster dans le cas de largage de charges, ou bien encore avec celles des parachutistes qui eux doivent mesurer les risques de s'extraire d'une soute d'un cargo en faisant attention au danger induit par la présence d'autres avions évoluant sur le même terrain. Enfin comme il se doit tous ces débriefings se déroulent en anglais.

TASLO procédure

TASLO, l’acronyme pour Tactical Air Support for Land Operations, est une procédure qui consiste à poser simultanément deux avions de transport sur la même piste  ! Il va sans dire que pour réaliser cette manœuvre il est impératif de respecter plusieurs paramètres. Tout d'abord les avions doivent voler l'un derrière l'autre, seulement espacés d'un demi nautique, puis maintenir en finale une vitesse de 110 nœuds. Pour la présentation à l'atterrissage, l'appareil en seconde position vise le seuil de piste, tandis que le cargo en position de leader, vise le seuil de piste plus mille mètres. Alors que les deux avions annoncent «  trains baissés et verrouillés  », seul un des deux annonce «  clair pour l'atterrissage  ». Il est à noter que cette procédure spécifique d'atterrissage ne se réalise que de jour, et sur des plates-formes militaires. Une difficulté supplémentaire s'ajoute à cette  TASLO procédure, lorsqu'il s'agit de faire poser simultanément deux machines différentes (Transall et Hercules par exemple).


Un avenir radieux

Pour être diplômé durant cette formation, les participants doivent réaliser trois vols en tant que leader, plus un autre en tant que chef d'un dispositif (de nuit si possible). Une fois diplômé, l'élève doit obtenir sa qualification au cours d'un vol avec un instructeur de l'EATC en poste au sein de sa force aérienne.

Ces stages sont appelés à prendre de plus en plus d'importance au cours des prochaines années. Ainsi pour l'année 2016, pas moins de quatre stages de formation auront lieu (dont un à Orléans du 22 mai au 3 juin), mais aussi une session d'entraînement à Beja au Portugal, et enfin trois stages de formation destinés aux instructeurs à Pise en Italie. Si beaucoup de nations frappent à la porte de l'EATC pour participer à ces formations, les nations cadres espèrent pour leur part, étendre la participation à ces stages à de nouveaux avions comme le C-17, et l'A400M dont plusieurs exemplaires étaient stationnés sur les parkings de la BA123.