index.html

Pour faire défiler les images, cliquez à gauche ou droite, pour fermer l’image cliquez au centre de celle-ci

L’Estérel trouva naissance, au cours des années 1960, dans la nécessité d'assurer le soutien logistique du centre d'essais du Pacifique. Durant de nombreuses années la mission principale se fit au profit de la direction du centre d'essais nucléaires (DIRCEN), avec transport de personnel et de fret «  sensible  ». Mais à la suite des derniers essais nucléaires menés en 1995, l'ET 3/60 recentra sa mission sur le transport de passagers et de fret. Cette unité stationnée sur la BA110 de Creil, et équipée d'Airbus A310 et A340 basés à Roissy Charles de Gaulle, est devenue au fil des années un élément clé des moyens de projection de l'Armée de l'Air.


Les machines

Pendant très longtemps l'image de l'Estérel fut associée au légendaire Douglas DC8, mais depuis 2004 elle ne met plus en œuvre que des Airbus.

Tout d'abord trois Airbus A310-300 (F-RADA, F-RADB, et F-RADC) dont deux furent acquis en 1993 auprès de Royal Jordanian Airlines, et un troisième en 2001 auprès de Turkish Airlines. En 2006 la flotte fut complétée par deux Airbus A340-200 (F-RAJA et F-RAJB) acquis en crédit-bail (et dont l'option d'achat sera levé à l'été 2015).

Ces cinq machines volent 6000 heures par an ( 2500 pour les trois A310 et 3500 pour les deux A340). Les 440 missions réalisées annuellement par les Airbus permettent le transport de 110000 passagers ainsi que de 4200 tonnes de fret.

Les missions

La mission principale du 3/60 est le transport de passager, cela représente environ 85% de ses missions.

Une autre de ses missions est le transport de fret. Dans le cas des escales se faisant sur des plateformes sans assistance du personnel Air France, ou mal équipé, l'équipage de l'Airbus est complété par un loadmaster, celui-ci étant en charge des devis de masses et de centrage, des vérifications des chargements et de leur arrimage, mais aussi en charge de certaines formalités administratives.

Les autres missions, sont l'accompagnement de quelques voyages officiels, le transports d'autorités et de journalistes, ou bien encore l'évacuation sanitaire si nécessaire (un Airbus A310 est équipable avec six civières, alimentées électriquement).

Le contrat opérationnel de l'escadron est de pouvoir partir sous douze heures.

L'EATC

L'European Air Transport Command est une structure regroupant actuellement six pays ( France, Espagne, Allemagne et Benelux), dont le siège est à Eindhoven. Le principe est que chaque pays de l'EATC met à disposition une partie de sa flotte de transporteurs et/ou ravitailleurs (pas la France) au profit des membres signataires de cet accord. Ainsi un pays peut bénéficier d'heures de ravitailleur en vol qu'il ne possède pas, en échanges d'heures de vol de sa flotte de Hercules. Dans cette structure, l'unité de mesure est une heure de vol de C-130. Une heure de vol d'Airbus A340 équivaut à 3 heures de vol de C-130.

C'est ainsi par exemple que les Airbus du 3/60 ont amenés dernièrement des soldats hollandais à Las Vegas qui allaient participer au Red Flag à Nellis.

Il est à noter que 85% des missions réalisées par l’Estérel dans le cadre de l'EATC le sont au profit de la France.

Les équipages

Le 3/60 possède 18 pilotes d'A310 et 26 pilotes d'A340, trois de ces pilotes ont la double qualification leur permettant de voler indifféremment sur les deux appareils.

Comme dans les autres escadrons de l'Armée de l'Air, les pilotes proviennent de différents horizons, même si tous sont transporteurs. En général ceux qui vont faire du 310 ont déjà plusieurs années d'expérience sur Transall, Hercules ou Casa. En revanche sur 340, il y a un certain nombre de pilotes qui sont des «  ab initio  » c'est à dire des jeunes qui viennent juste d'obtenir leur qualification de transporteur sur Xingu à Avord.

La formation initiale sur A310 se fait chez Airbus à Toulouse, et celle sur A340 se fait auprès d'Air France à Roissy. L’Estérel possédant une EIE (Escadrille d'Instruction et d’Entraînement), la formation ZFTT (Zero Flight Time Training) se fait sous le contrôle de moniteurs du 3/60, dans le but d'appliquer dés le début un «  vernis militaire  » aux pilotes à l'instruction. La formation initiale se faisant exclusivement sur simulateur, elle est ensuite complétée au sein de l'escadron par quelques missions propres à l'utilisation militaire d'avions de ligne. 200 heures  (3% de l'allocation annuelle d'heures de vol) sont consacrées à l’entraînement des pilotes, celles-ci consistant en des tours de pistes sur des plateformes militaires ou non, et en des séances de manœuvres contrôlées à la main. Les équipages d'Airbus pouvant être amenés à faire des approches à vue, ou bien réaliser des manœuvres spécifiques comme les approches sous fortes pentes comme à Kaboul ou Erbil (avec gilet pare-balles pour les équipages dans le poste de pilotage). Enfin il est à noter qu’une partie des équipages de l'unique Airbus A330 de l'ETEC sont formés au sein de l’Estérel.


L'avenir

Au sein de l'Armée de l'Air, la perception de cet escadron de transport changea radicalement après les tragiques événements d’Abidjan en novembre 2004. En effet après que la situation se fut très rapidement dégradée en Côte d'Ivoire, l’Estérel, avec un préavis d'à peine quelques heures, réussit avec ses trois A310 à transporter à l'épicentre des affrontements, un renfort de 500 soldats, ce qui modifia de suite la situation tactique.

Ces avions, avec pour seule autoprotection leur peinture blanche et leurs équipages, furent des acteurs incontournables de toutes les dernières OPEX françaises, et le resteront encore pour de nombreuses années. Avec la mise en service prochaine des MRTT, cette mission de transport de passagers et de fret devraient être reprise à terme par le Phénix. Mais les livraisons des A330 devant s'étaler sur de nombreuses années, il y a fort à parier que les Airbus à liserés bleu, blanc, rouge et cocarde sillonneront encore le globe jusqu'à la fin de la prochaine décennie.


Merci aux personnels de l’ET 3/60 Esterel pour leur accueil  et leur disponibilité lors de ce reportage.