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Créé en 1999, Frisian Flag s'est imposé au fil des années comme un des derniers grands exercices aérien de dimension internationale, au même titre que Red Flag aux États-Unis, ou bien encore Anatolian Eagle en Turquie. Avec la contraction permanente des budgets de la défense et son corollaire de diminution des forces, peu de pays organisent encore des exercices d'une telle ampleur. L'avantage du Frisian Flag est que sa situation géographique aux Pays-Bas le rend facilement accessible pour un grand nombre de pays européens, et ainsi offre des coûts de déploiements maîtrisés. D'autre part les zones réservées pour l'exercice (Bravo, Charlie, Delta et Echo) sont au dessus de la mer du Nord. Outre le fait qu'elles autorisent une grande liberté de manœuvre, elles minimisent surtout les temps de transit au départ de Leeuwarden et donc offrent une playtime plus grande. La zone Delta inclus même cette base de la Frise et s'étend de Texel à Borkum. Aussi il n'est pas rare par beau temps, de voir les avions s'enrouler dans des dogfights épiques à la verticale de la base aérienne, et de voir des «  smockey SAM  » partir de l'intérieur de la base pour simuler les menaces sol-air.

Sous l'autorité du 323 TACTES Squadron (Tactical Training Evaluation and Standardization), l’unité qui est en charge de déterminer toutes les doctrines d’emploi des F-16 au sein de la Koninklijke Luchtmacht, l'exercice a pour objectif principal de former les équipages à participer à de larges missions offensives en faisant face à tout un tas de menaces dont les plus emblématiques «  Red Air  ».


2016, encore une grosse édition

En 2015 le Frisian Flag était rentré dans une nouvelle ère avec le déploiement de F-15 des gardes nationales de Floride et d'Oregon dans le cadre du programme TSP (Theater Security Package). Cette tendance s'est de nouveau confirmée en 2016 avec encore une fois de plus la présence d'Eagle en terre batave, mais cette fois-ce des gardes de Californie et du Massachusetts. Si l'année dernière l'USAF avait déployé douze avions dans le Nord des Pays-Bas, cette année il n'y avait que huit machines des 104th FW et 144th FW, quatre autres s'étant en fait arrêtées en Islande à Keflavik dans le cadre de l'Icelandic Air Surveillance (IAS). Mais bien que la présence inhabituelle de ces unités de l'ANG en Europe vampirisa un peu l'attention des observateurs, force fut de constater que le Frisian Flag est devenu un énorme événement pour le Vieux Continent.

En effet en plus des américains, la Luftwaffe allemande avait déployée pas moins de dix Eurofighter du TLG31 de Nörvenich pour assurer la mission de supériorité aérienne. Les polonais avaient quant à eux envoyé six Lockheed F-16C de leur escadron tigre, ces machines avec leurs bidons conformes, leur pod Sniper, leurs missiles AMRAAM et AIM-9X, marquaient de façon criante l'évolution permanente du Fighting Falcon, en particulier par rapport aux classiques F-16 MLU équipant bon nombre de forces européennes. Cette version représentant encore le gros du contingent du Frisian Flag, avec pas moins de quatorze machines de la KLu et six de la Composant Air belge. Enfin cette édition voyait une nouvelle fois la participation de F-18 finlandais, mais aussi de Tornado anglais plutôt discrets ces dernières années en Europe continenale.

French Mirage are back in Fightertown

Pour la première fois depuis 2013, l'Armée de l'Air participait de nouveau à ce grand exercice.Si des rumeurs avaient parlé de plusieurs type d'appareils différents, au final ce fut au Mirage 2000D de la base de Nancy-Ochey d'assurer la présence tricolore.

La 3e Escadre de Chasse avait dépêché dans la Frise cinq Mirage 2000D (3-IV, 3-JM, 3-JP, 3-XD, 3-XG), douze équipages (24 personnels navigants) et 48 personnels de soutien. Toutes les qualifications étaient représentées (du PO au CP), mais celles-ci étaient mixés au sein des avions afin d'éviter d'avoir des équipages extrêmement qualifiés côtoyant d'autres beaucoup moins aguerris. Les équipages et même les patrouilles restèrent constituées pour toute la durée de l'exercice, ceci afin d'affronter plus sereinement les difficultés croissantes des missions. Durant Frisian Flag, deux équipages de la «  Trois  » furent désignés Mission Commander pour leader la Comao, un durant chacune des deux semaines. A noter que les 2000D faisaient toujours partie des forces bleues. Un œil averti remarquait la présence, en station droite sous l'entrée d'air, du pod de désignation ALTIS. Celui-ci, bien plus ancien que les PDLCTS et autres Damoclès, ne soufrait pas trop de la comparaison car son domaine d'excellence se situe de jour, et aucune mission ne se déroula de nuit...


Du soutien un peu partout

Comme il est de coutume dorénavant, toutes les missions se déroulèrent sous la supervision d'un AWACS de l'OTAN venant de sa base de Geilenkirchen. Sur cette base allemande, le dispositif américain de ravitailleurs en vol était renforcé avec la présence de trois KC-135 au lieu des deux habituels (dans le cas présent appartenant à la Garde du Kansas). On trouvait aussi d'autres tankers sur la base d'Eindhoven, ceux-ci participaient  à l'EART (European Air Refueling training) et profitaient de la forte représentation de chasseurs à Leeuwarden pour parfaire leur technique. La distance entre la base aérienne et les zones de travail ne nécessitait pas le recours au ravitaillement en vol, aussi cet exercice n'était pratiqué que pour maintenir les compétences de chacun.


Frisian Flag s'est définitivement imposé comme l'exercice aérien d'envergure européen. Il devient en effet de plus en plus rare dans le monde, de voir lancer quotidiennement deux vagues de plus de quarante chasseurs simultanément depuis une seule et unique plate-forme et ainsi d'offrir à tous les participants le luxe de pouvoir participer à des mass briefing et débriefing.


Merci à Sébastien Buyck pour ses images inside et ses informations sur la 3.