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Unité assez discrète de la Marine Nationale, l'escadrille 22S n'en réalise pas moins des missions essentielles. Avec sa douzaine d'Alouette III, la 22S effectue trois missions principales, une de formation, une autre de soutien au profit de la région,  et enfin une troisième au profit des bâtiments de la force d'action navale, avec la capacité de déployer six détachements embarqués, dont trois outre-mer.

Stationnée sur la BAN de Lanvéoc-Poulmic sur la pointe bretonne depuis 1964, cette unité met en oeuvre depuis cette date la vénérable Alouette III qui doit être à coup sûr la machine la plus ancienne au sein du parc de l'Aéronautique Navale.


L'Alouette III

Cette voilure tournante, à la silhouette si caractéristique, est en service en deux versions principales au sein de la 22S. Le modèle le plus ancien (introduit en 1961) est la SA316, encore utilisée à quatre exemplaires par l'escadrille, cette machine est facilement identifiable avec ses deux coussins de flottaison orange situés en bas de la cabine. L'autre modèle entré en service en 1967, est la SA319 un peu plus puissante et aux coussins de flottaison oranges situés plus haut, à mi-cabine.

Alors que les élèves démarrent leur formation sur EC120, puis poursuivent sur Fennec pour terminer sur Panther ou Lynx, et plus tard sur NH90 Caïman, l’extrême rusticité de l'Alouette III peut sembler anachronique dans le cursus de formation. Mais comme le dit le second de l'escadrille «  cette rusticité de l'Alouette III permet d'acquérir la finesse du pilotage et le sens de l'air  ». Fiable et simple à mettre en œuvre, l'Alouette impose ceci-dit certaines limites du fait de sa motorisation mono-turbine et du peu d'équipements installés. Ainsi, il est par exemple interdit d'effectuer des vols stationnaires de nuit au dessus de l'eau.

L'ESHE

L’Ecole de Spécialisation sur Hélicoptères Embarqués forme en moyenne 12 élèves par an. Ceux-ci sont répartis généralement en trois promotions de quatre élèves. La durée de chaque stage est d'environ huit mois.

Les élèves arrivent à l'ESHE avec déjà une solide expérience du pilotage d'un hélicoptère. En effet ceux-ci ont déjà passé seize mois à Dax où, sur EC120 Calliope de la société Helidax, ils ont obtenu la qualification CPL (Commercial Pilot License). Ensuite ils ont passé environ quatre mois au Luc où, sur Fennec, ils ont décroché la qualification IFR (Instrument Flight Rules). Les stagiaires arrivent ainsi à Lanvéoc avec déjà plus de 150 heures de vol sur voilure tournante.

En revanche, ils ne possèdent aucun savoir-faire du métier de pilote d'hélicoptère marin...c'est là qu'intervient l'ESHE  !

Au sein de l'escadrille les élèves vont découvrir le problème aigu de la gestion du carburant lors de vol au-dessus de la mer, mais aussi les rudiments du travail en équipage, ou bien acquérir les connaissances du milieu aéromaritime.

En Bretagne ils vont encore apprendre les manœuvres spécifiques aux marins, comme le treuillage sur un bateau (à l'aide du navire d'instruction A668 «  Jules  »), mais aussi l'appontage sur un navire, ou bien encore le posé en zone exiguë. La météo bretonne joue un rôle significatif dans la formation, comme le souligne le commandant en second «  elle rend la planification et l'activité difficile, mais  c'est une école de transition  !  ».

Pour compenser la déflation du parc Alouette III, la 22S utilise en prêt quelques EC120 de Dax, mais ceux-ci ne permettent pas le survol maritime.

Il est à noter que l'ESHE forme aussi les chefs de cabine et les plongeurs.

Enfin l'école est aussi en charge des stages CAA (Certificat d’Aptitudes à l'Appontage) au bénéfice  des gendarmes, des aviateurs et des «  Alatmen  ». Il existe quatre créneaux de douze stagiaires par an. La Marine a externalisé auprès d'une société civile la mise à disposition d'un navire (le VN «  Partisan  ») permettant de réaliser les appontages et l'entraînement aux transports de charges lourdes.

Une unité très opérationnelle

La 22S ayant aussi une vocation opérationnelle, tous les pilotes de l'escadrille ne sont pas de facto moniteurs (il faut avoir une expérience d'environ 1500 heures de vol). Aussi les huit instructeurs de l'unité (50% des personnels navigants) cumulant les fonctions de pilotes opérationnels et de moniteurs, peuvent voler plus de 230 heures annuellement. Il n'est pas rare de croiser au sein de la 22S, des pilotes avec plus de 4000 heures de vol.

Sur les 3400 heures de vol que réalise annuellement la 22S, près de 2000 sont dédiées à l'activité opérationnelle. Les principales missions réalisées sont  :

  1. Liaisons et transports d'autorités

  2.            Missions photos au profit du SHOM (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine)

  3. Protections des approches maritimes au profit du CECLANT (autorité opérationnelle de la Marine pour la façade atlantique) et de la Fost

  4. Photex (missions photos) pour le SIRPA Marine

  5. Missions locales d'évacuation médicale, voire de SAR


L'avenir

Il apparaît dorénavant, que l'Alouette III est devenu un outil pédagogique éloigné de ce que sera le métier de pilote d'hélicoptères de la Marine du 21e siècle, même si les élèves louent la simplicité d'utilisation de cette machine mythique.

Malgré tout, le futur de la 22S s'écrira encore pour quelques années avec l'Alouette III. En effet si les quatre dernières SA316 devraient prendre une retraite bien méritée fin 2018, les autres SA319 devraient voler jusqu'en 2026.

Après se posera l'épineux problème de leur remplacement, même s'il est bien compliqué à l'heure actuelle de connaître son identité. Pendant longtemps il a semblé que ce serait le HIL (Hélicoptère Interarmées Léger), mais le concept même de «  couteau suisse  » de cet hélicoptère engendre des difficultés dans sa mise au point.

Quelle que soit cette future machine, comme l'explique le commandant en second de la 22S le futur «  sera de conserver ce que l'on arrive à faire aujourd’hui, en essayent d'aller plus loin dans ce que verront les pilotes dans les forces  ».


Merci à ceux qui ont rendu ce reportage possible. Merci aux personnels de la 22S pour leur accueil et leur disponibilité. Et merci au super équipage du «245»