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Musée d’aviation assez peu connu, celui de l’Aéronautique Navale de Rochefort, en Charente Maritime, n’en présente pas moins une superbe collection. Créé en 1988, et situé sur l’ancien site du Centre Ecole de l’Aéronautique Navale (CEAN) qui est dorénavant une Ecole de Gendarmerie, le ton est vite donné, dès le rond-point qui conduit à l’entrée du musée, avec un superbe Alizé qui y trône fièrement.


Mais avant d’être le musée qu’il est devenu, cet établissement a dû affronter plusieurs épreuves marquantes. Ce fut tout d’abord la tempête de 1999 qui arracha une partie de la toiture du hangar Astra; outre les dégâts occasionnés, l’ampleur du sinistre ne permit pas d’envisager de réparation. Aussi les collections déménagèrent-elles dans le hangar Dodin actuel. Mais malheureusement dans l’histoire, la surface d’exposition disponible passa de 8000 à 3500 m2…ce qui évidemment a eu un gros impact sur les possibilités de présentation des machines. Ensuite en 2010 ce fut une nouvelle catastrophe naturelle qui s’abattit sur le musée avec la tempête Xynthia, cette fois-ci une partie des collections se retrouva les pieds dans l’eau…

Mais quelques bonnes nouvelles vinrent équilibrer ce bilan. Ce fut tout d’abord la création d’une entrée dédiée pour le musée, ce qui permit de s’affranchir des formalités fastidieuses auparavant nécessaire pour rentrer dans une enceinte militaire. Puis ce fut l’acquisition par le département, de 11 hectares du site, comprenant les hangars et l’ancienne tour, qui furent donnés en gestion à l’ANAMAN (association nationale des amis du musée de l'aéronautique navale). Enfin ce fut une pérennité financière qui semble assurée par des dotations annuelles provenant du département, de la Marine Nationale, et des adhérents à l’association (plus de 400). 


Le musée

A peine garé sur le parking extérieur du musée, deux belles machines s’offrent au regard des visiteurs. Tout d’abord un élégant «  Deux-Six-Deux  » dans un état de conservation remarquable, et le Super Etendard 02 qui a quitté récemment le confort du hangar pour y céder sa place à un des derniers SEM opérationnels au sein de la Marine. Ce 02 est en fait un des trois prototypes du Super Etendard réalisé par Dassault à partir de la cellule de l’Etendard IV n°18. Outre l’étendard bleu blanc rouge peint sur le nez, et la gouverne de direction tricolore, cet avion emporte deux paniers lance-roquettes sous les ailes qui lui donnent un indéniable air guerrier.

Ensuite il est temps de pénétrer dans le hangar. A peine la porte franchie, c’est une légende de l’Aéro qui accueille le visiteur, à savoir un F-8E(FN) Crusader. Cette machine (n°11) portant les couleurs qu’elle arborait en 1999 lors de son retrait, est restée de nombreuses années à l’abri d’un hangar sur la BAN de Landivisiau, et était sortie lors de rares occasions (en 2008 lors du Tiger Meet par exemple). Ici elle est présentée en configuration toute ouverte (ailes levées, trappes de services ouvertes, etc..) avec une partie de ses armements. L’allée des chasseurs se poursuit avec l’unique Jaguar M, un dérivé navalisé du Jaguar A de l’Armée de l’Air, destiné à remplacer les Etendard dans la Marine. Malgré d’indéniables qualités, sa motorisation peu adaptée à une utilisation sur porte-avions eu raison de ce projet. La visite se poursuit avec un Etendard IVM et le SEM 8, deux machines qui marquèrent l’histoire de l’Aéronautique Navale durant plus d’un demi-siècle. A côté du SEM, un chariot portant la bombe nucléaire tactique AN-52, une manière de rappeler que la composante aérienne de la Marine participe activement à la dissuasion nucléaire aéroportée de la France (FANu).

Un peu plus loin se trouve un carré avec quelques appareils d’entraînement et servitude, comme un célèbre SNJ jaune, un classique Zéphyr, ou bien encore un rare Broussard à la cocarde à hameçon de la DCAN. Ensuite dominant de toute sa taille se trouve un gros P2V Neptune sur lesquels quelques membres s’affairent. Enfin comme il se doit, un bon espace est dédié aux voilures tournantes, dont la plus marquante est le Piasecki H-21C, la fameuse «  Banane volante  ». A côté se trouve une autre icône de la Marine, à savoir le Super Frelon, cette machine, la 160, étant arrivée par les airs en 2010 à l’issue de sa carrière.

ANAMAN

Cette association qui fait vivre le musée compte donc environ 400 membres, un tiers de ceux-ci sont des anciens de la Marine ou de l’Armée de l’Air. Une centaine de ses membres est active, à savoir qu’ils viennent sur le site donner de leur temps et de leur compétence pour restaurer et entretenir les avions.

Le musée n’étant ouvert au public que deux jours par semaine, il faut se renseigner auprès du site de l’ANAMAN pour planifier une visite, voire éventuellement prendre un rendez-vous pour bénéficier d’une visite guidée conduite par un des membres passionnés de l’association.