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Alors que l’édition 2015, en Turquie, vit surement le plus faible déploiement de moyens aériens depuis très très longtemps, il en fut très différemment pour ce NATO Tiger Meet 2016 qui s’est déroulé fin mai sur la grande base espagnole de Saragosse. En effet le nombre de forces aériennes, et les appareils envoyés en Aragon furent même sans commune mesure avec les années précédentes (on flirta avec 100 machines présentes). Quasiment dernier très grand exercice à se dérouler en Europe, le NTM, en dehors de ses folkloriques traditions tigrées, permit de réaliser durant deux semaines des Comao de grande ampleur avec les aéronefs les plus capables de l’OTAN. Il est presque devenu impossible, en dehors peut-être du Frisian Flag au Pays-Bas, de voir partir de larges strikes de 40 appareils composés d’Eurofighter, Rafale, ou bien encore F-16C/D Block 50/52.


Une dalle pleine à craquer

La base de Saragosse, est une ancienne base américaine construite au plus fort de la guerre froide. Durant ces années d’extrême tension, la base accueillait des intercepteurs de l’USAFE (sur F-102) pour protéger le flan Sud de l’Alliance, mais surtout elle abritait des B-47 du SAC chargés du feu nucléaire. Plus tard après la fermeture de Wheelus AB en Libye, cette base espagnole fournit le support aux unités de l’USAFE qui venait s’entraîner sur les ranges voisins. La taille et le nombre de ces avions, et les ravitailleurs nécessaires à leur mise en œuvre, expliquent la taille énorme de cette plateforme. Le long des deux longues pistes de plus de 3 km, sont disposés d’énormes parkings à l’américaine, en fait de gigantesques dalles ou des dizaines (voire des centaines) de chasseurs peuvent stationner. Durant le NTM tous les appareils étaient stationnés au sud de la 30R. Ceci laissant la piste nord et ses parkings complètement disponibles pour le trafic civil. Avoir la chance de déambuler sur cette dalle d’un kilomètre et demi, permettait de bien saisir l’ampleur du dispositif  ; en effet, parfaitement alignés, des dizaines de chasseurs occupaient un bon tiers de tout l’espace disponible.  Sans se livrer à un inventaire à la Prévert, il serait plus simple de préciser qu’à part les F-16 hollandais du 313 Sqn et les slovaques du 1. Bojová letkasur avec leurs Mig-29, presque tout le monde était là. Et mieux, des nouveaux venus avaient rejoint la ménagerie des félins  !

La France en force

Le grand chamboulement dans les traditions de l’Armée de l’Air, entretint un peu le flou persistant quant à la reprise des traditions de la SPA 162, par un escadron de Rafale de Mont de Marsan, aussi cette année pas d’EC 1/7 Provence. En revanche la base montoise, avait dépêché ses Mirage 2000D du fraîchement renommé ECE 1/30 Côte d’Argent. 76 personnels dont 8 équipages avaient rejoint l’Espagne avec quatre Mirage 2000D. Deux machines ayant cassé juste avant de quitter la BA118, ce furent donc deux D de Nancy qui complétèrent le dispositif. L’unité étant complètement accaparé par le développement du programme MLU des 2000D, le 1/30 ne put se permettre d’envoyer un spare. Les quatre D participaient quotidiennement à des missions à quatre...la mécanique ne dût pas chômer  !

Avec une dernière participation remontant en 2003 à Cambrai, les Gazelle de l'EHRA 3 (escadrille d’hélicoptères de reconnaissance et d’attaque n°3) du «  Grand 3  » avaient décidé de renouer avec leur passé tigre. Une vraie gageure pour un régiment énormément sollicité en Afrique depuis le début d’année. Mais une mission réalisée avec style au moyen de deux Gazelle très joliment décorées par un peintre de l'Armée de l'Air à Cazaux en avril. Si le gros du dispositif des 40 personnels du 3e RHC avait fait le trajet depuis la Lorraine en camionnettes, les deux voilures tournantes, réalisèrent le long voyage depuis Etain en un peu moins de sept heures de vol et quatre ravitaillements.

Enfin le Groupe Aérien Embarqué (GAE) ayant achevé sa mission sur le bateau fin mars, il fut possible d’envoyer un très gros dispositif frappé de la «  cocarde à hameçon  ». La 11F avait envoyé pas moins de sept Rafale M, dont des gros numéros (38, 44, 45, etc…) ce qui laisse penser que certaines machines étaient équipés du puissant radar AESA. Mais les marins avaient décidé de compléter ce détachement avec pas moins de deux E-2C de la 4F. Un des Hawkeye arborant une décoration tigre très smart  !

Des décorations spéciales à gogo

Qui dit Tiger Meet dit forcément décorations tigre. Force est de constater qu’après 55 ans d’existence, le champ des possibilités de ce qui n’a jamais été fait s’est considérablement amenuisé. Certains, comme les norvégiens, ne s'embarrassent plus et sortent chaque année depuis 2007 leur fameux biplace Arctic Tiger n° 692.

Malgré tout, à défaut d’originalité, chacun avait essayé de se montrer à la hauteur de l’événement. Dorénavant les décorations se concentrent majoritairement sur la dérive des avions. Chaque unité joua le jeu, et il fut possible d'admirer le travail graphique de nombreux artistes. En général une machine de chaque escadron était décorée, mais certains comme les belges ou les allemands, poussèrent la coquetterie en rappelant par un sticker sur la dérive de tous les autres avions la décoration de leur «  CAG bird  »  !

Mais d'autres avaient fait le choix d'un appareil complètement décoré. Si on met de côté le Hind à la décoration «  Alien  » au rapport peu évident avec le tigre mais qui remporta le trophée de la plus belle décoration, les belges et les turcs avaient deux décorations étrangement similaires mais néanmoins superbes  ! Leurs F-16 arboraient des livrées intégrales rappelant les grandes heures de celles portées par les F-104 et autres Mirage F1.


En 2017 le Tigermeet devrait revenir en France, et plus particulièrement sur la BAN de Landivisiau. En Bretagne, l'année prochaine, le 31 Smaldeel belge remettra donc en jeu le Silver Tiger Trophy qu'il a remporté cette année. Répétition de l'histoire, en 2008 les belges arrivèrent déjà avec le trophée dans leurs bagages, et durent le céder ensuite aux suisses du Fligerstaffel 11.