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Texte et photos, Kevin Duretz


Il n'y a a priori pas grand chose qui fasse que l'on puisse s'intéresser à Oshkosh, si ce n'est qu'une fois par an, cette ville du Wisconsin réinvente le mot "Fly-in". C'est à tous les niveaux que l'EAA Airventure se distingue de ce que l'on peut trouver en France et même en Europe. Le fameux "world busiest tower control" que l'on peut lire sur la tour du Whiteman Regional Field mérite bien son nom à cette époque de l'année. Tous les ans, étalé sur une dizaine de jours à la fin du mois de juillet, ce sont un peu plus de 10000 avions qui se rendent sur place. Pour cette édition, les chiffres officiels font état de plus de 17000 mouvements soit en moyenne, plus de 120 décollages et atterrissages par heure ! C'est une autre dimension, l'aéroport régional devient alors une petite ville parfaitement bien gérée où se croisent quelques 600 000 personnes.


Autant de monde, simplement parce qu'il y en a absolument pour tous les gouts. Que l'on soit fan des Antiques, des Warbirds, de l'aviation civile de toute taille ou bien des cocardes actuelles, sur une semaine on y trouve son bonheur. On pourrait croire qu'une semaine c'est trop et que les jours se ressemblent, mais il n'en est rien au vu de la diversité. On ne peut malheureusement pas tout voir et nécessairement on rate des choses mais le "reste", suffit à se contenter. Le meeting en lui même n'a lieu que l'après midi, de 14h à 18h mais dès 7h du matin, les baptêmes de l'air (P-51, Ford Trimotor, L-39, B17, B29, T6...) s'enchainent entre les arrivées, les départs, les vols entre amis. Et une fois le meeting terminé, on recommence. Beaucoup se rendent à Oshkosh en avion comme nous nous rendrions à un meeting en voiture. La toile de tente sous l'aile de l'avion, ils passent une semaine le plus "inside" possible et parfois cela donne lieu à des scènes cocasses comme par exemple le dimanche soir, un Murphy Radical (petit biplace aile haute) Canadien, rentre chez lui avec un vélo... sous chaque aile.


Une grosse édition

Cette année plusieurs événements et faits marquants étaient au programme: les 80 ans du Piper Cub, la première venue des Blue Angels, la première fois que les deux seuls B29 au monde en état de vol étaient réunis et les 75 ans du "raid Dolittle". Pour l'occasion, le dernier survivant de cette mission du 18 avril 1942, Dick Cole, 101 ans et copilote de Doolittle, fut honoré et salué par les 13 pilotes de B25 ayant volé le mercredi, après qu'ils se soient alignés sur la piste d'Oshkosh comme lui l'était sur le pont de USS Hornet. Du côté des Superfortress, c'était également un moment historique auquel nous avons pu assister trois fois dans la semaine. Le très connu "Fifi" qui enchaine les meetings depuis plusieurs années a eu l'occasion de voler avec le "Doc" pour la première fois. Fini de restauré tout juste un an plus tôt, après soixante années sans voler, cet avion construit en 1944 aujourd'hui "tout alu" a fait admirer la qualité de sa restauration tout au long de la semaine en étant exposé sur la Boeing Plaza. C'est sans surprise que le jeudi il s'est vu attribuer le "best bomber award" lors de la remise des prix. Autre moment fort, bien que n'étant pas une première, nous avons pu profiter de vols en patrouille à trois P63 !

Les Bleu Angels se sont eux pour leur première venue (difficile à croire), produits à trois reprises dans le ciel d'Oshkosh et ont fait apprécier la précision qui les caractérise. Malheureusement amputés d'une partie de leur show, Fat Albert et toute la flotte de C-130H étant cloué au sol cette semaine, le temps d'une enquête de sécurité suite à des déboires. Ainsi, à part deux P8 Poséidon et un U-1B Otter exposés au statique, la Navy s'est faite assez discrète : à l'échelle du meeting.

L'USAF en force

A l'inverse des marins donc, l'Usaf s'est montrée comme rarement ! Il est en effet plus facile de compter parmi leurs avions en service actif, ceux qui ne sont pas venus que ceux présents. Bien que l'on ait pu entre autres admirer toute la semaine sur la Plaza B52H, B-1B, A-10C, F15C,  F22, T38, F-16C et KC-135, ce qui s'est passé en l'air était encore plus impressionnant. Deux séries de passages de B-1B en provenance de Dyess AFB, des "héritage flights" quotidiens, avec A-10C et F-35A sur lesquels figurait le nom de Vlado Lenoch, participant historique de ces vols sur P-51 et qui s'est tué quelques semaines plutôt. L'apothéose de cette année très marquée "bombers" a eut lieu le samedi après midi, lorsque après la présentation des B25 et B29, une formation composée d'un B52H, un B-1B et un B2 Spirit s'est présentée avant que chacun ne fasse 3 passages individuels. Une vingtaine de minutes exceptionnelle !

S'il ne devait n'y avoir qu'une seule vraie déception ça serait le A-20 Havoc de Rod Lewis. Superbement restauré, il était attendu par beaucoup comme un des "highlight" de la semaine, très peu sont ceux qui l'ont vu voler. Bien qu'annoncé pour le meeting du samedi et vainqueur du "Grand Champion WWII award" il est rentré chez lui dans la plus grande discrétion le vendredi matin. On pourrait donner des dizaines de chiffres et passer des heures à raconter cette semaine mais n'en ayant vu qu'une petite partie, ça ne suffirait pas. Ce fly-in attire et donne envie mais l'on ne se rend pas bien compte de ce que c'est, tant que l'on y est pas allé. Comme tout pèlerinage c'est fatiguant car les journées sont longues et s'enchainent, mais c'est sans doute que l'on se dit le dimanche soir, quand les taxiways sont embouteillés par tous ces avions rentrant chez eux, que l'on doit y revenir.