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Durant le dernier NATO Tigermeet de Landivisiau, on a pu noter de nouveau la présence d'une unité française de l'ALAT. Si en 2016 à Saragosse, la participation de deux Gazelle paraissait discrète au milieu de cette énorme édition de près de 100 machines, en 2017 les Gazelle étaient beaucoup plus présentes.


EHRA3, une unité tigre

L'escadrille de l'ALAT qui participait au NTM était l'EHRA3 (Escadrille d'Hélicoptères de Reconnaissance et d'Attaque), une des cinq escadrilles volantes du 3e RHC d'Etain-Rouvres. Cette unité composée de 25 personnels (dont 24 navigants) et d'une dotation théorique d'une dizaine de Gazelle réalise plusieurs missions  :

  1. Une mission de renseignement, en utilisant le viseur de la Viviane, ou en embarquant un opérateur équipé d'un appareil photo

  2. Une autre de destruction, à l'aide d'un viseur de toit et du missile HOT filoguidé

  3. Une d'appui feu, avec des Gazelle en lisse auxquelles les portes ont été retiré, et ou prennent place à l'arrière un ou deux tireurs armés de fusils de précision

  4. Une mission d'interception

  5. Une mission d'appui par le renseignement ou par le feu des troupes au sol

  6. Enfin, une dernière d'escorte d'autres hélicoptères ou de troupes au sol

Avec seulement 3 régiments d'hélicoptères de combat (RHC), le rythme des OPEX est soutenu au sein de l'ALAT, et l'EHRA n'y fait pas exception. En effet les chefs de bord / chefs de patrouille de l'escadrille sont projetés en opérations extérieures habituellement 4 mois par an.

Même si la Gazelle est dorénavant une machine ancienne, elle n'en reste pas moins une machine très fiable, en particulier en Afrique dans un environnement éprouvant pour les hommes et les matériels.

Le HIL (Hélicoptère Interarmées Léger ) ne devrait arriver dans les forces au mieux qu'en 2024 mais surement plutôt aux alentours de 2026, aussi l'histoire de l'EHRA3 avec la SA342M est loin d'être arrivée à son terme  !


Les «  félins  » du 3/3 rugissent au NTM

Le retour de l'EHRA3 au sein du Tigermeet part d'une démarche plutôt originale. En effet alors qu'on peut penser que ceci est né d'une volonté des chefs de l'Armée de Terre ou de l'ALAT, il n'en est rien. En fait, c'est l'esprit particulier de l'EHRA3, son surnom des «  Félins  », et surtout son dynamisme porté par un groupe de jeunes pilotes enthousiastes, qui a permis de rendre ceci possible - après bien sûr que les chefs aient donné leur accord.

Né bien des années auparavant, ce fut un parcours semé d'embûches, d'un point de vue organisationnel, logistique et bien évidemment financier. Mais la solidarité des anciens de l'unité, en particulier ceux qui  se rappelèrent de l'expérience du Tigermeet 2003 à Cambrai, ont permis de franchir les derniers obstacles et finaliser le projet.

La participation à l'édition 2016 à Saragosse fut modeste, mais riche d'enseignements. Deux machines y participèrent, servies par...deux équipages  ! Ceux-ci volaient énormément, shadow du matin et COMAO de l'après-midi, à tel point qu'en deuxième semaine de l'exercice il fallut ralentir le rythme des vols. Et comme le dit le Chef de l'Unité «  on n'avait pas encore pris la mesure de l'exercice  ». Malgré tout, les repères étaient pris, les contacts noués, et surtout la plus value opérationnelle parfaitement identifiée!

Pour 2017, l'EHRA3 travailla bien en amont du NTM, avec la flottille 11F, directeur de l'exercice, notamment pour inclure dans les scénarios des missions correspondantes au savoir faire des «  félins  ». Durant le Tigermeet, des équipages de l'escadrille furent nommés Mission Commander. L'EHRA3 volait indifféremment au sein des forces bleues ou rouges, même si les autres participants n'appréciaient pas particulièrement de voir les «  félins  » chez les rouges, car ceux-ci passaient quasiment systématiquement à travers les mailles du filet, en collant littéralement au relief. L'absence de «  pertes  » sur les missions surpris même les membres de l'escadrille qui imaginaient une faible survivabilité dans un environnement si dense  !

Un exercice riche d'enseignements

Depuis 2011 et la fin de l'opération Harmattan en Libye, l'unité est engagée dans des opérations très franco-françaises, aussi le NTM a permis de se replonger dans un environnement international ou en particulier l'anglais est de mise. De la même manière alors que les Gazelle participent habituellement à des combats asymétriques, le Tigermeet les a fait s'exercer au combat symétrique de haute intensité. Le côté humain est aussi élément fondamental, il est ainsi possible de profiter de l'expérience afghane ou irakienne de certains membres, mais aussi de permettre à chacun de jauger le niveau de ses partenaires.

L'EHRA3 était particulièrement scruté par les autres membres, principalement à cause des OPEX auxquels il participe ou il met régulièrement en place des missions avec une vingtaine de machines. Enfin selon le capitaine commandant l'unité cette participation permis «  de compléter le panel des savoir-faire, car on sait faire dans l'ALAT mais pas du tout de la même manière  ».

Enfin les ALATmen ont noté que l'esprit tigre et notamment les traditions bien ancrées qui y sont perpétuées, créées une cohésion qui se rapproche de ce qui existe dans l'Armée de Terre.


Le futur

L'EHRA3 est donc en période probatoire encore deux ans, et si tout se passe bien, deviendra membre de plein droit de l'association des tigres à l'issue.

Pour le futur proche, la présence des «  félins  » semble entérinée pour l'édition 2018 qui se tiendra à Poznan en Pologne.

A plus long terme cette participation s'inscrit parfaitement dans la préparation opérationnelle dans un cadre otanien souhaitée par les cadres de l'ALAT.

Enfin lorsqu'il faudra exploiter au mieux les nouvelles possibilités du HIL (échanges de données, réseau info-centré...), l'expérience acquise au sein du NATO Tigermeet sera plus que bénéfique.


Merci au CDU de l’EHRA3 pour sa disponibilté et sa patience durant ce reportage. Merci aux «félins» croisés en cette occasion. Leur actualité peut être suivie régulièrement sur le Facebook de l’unité