index.html

Pour faire défiler les images, cliquez à gauche ou droite, pour fermer l’image cliquez au centre de celle-ci

Du 17 au 28 septembre 2018 la 4ème Brigade d'Aérocombat a organisé en Champagne «  Baccarat 2018  », un exercice de grande ampleur. En effet, pour cette seconde édition, cet entraînement rassemblait pas moins de 1400 militaires, 50 hélicoptères et autant de véhicules blindés. Complémentaire d'exercices plus spécifiques dédiés à l'engagement des unités en BSS dans le cadre de l'opération Barkhane, Baccarat 2018 déroulait le scénario d'un conflit symétrique de haute intensité face à des ennemis bien équipés.


Beaucoup de forces déployées

Pour cet exercice, plusieurs unités de l'Armée de Terre étaient concernées. Tout d'abord le 3ème RIMA  pour qui Baccarat ponctuait le cycle d'entraînement de son année d'adaptation à l'aérocombat. Il fallait aussi compter sur les commandos parachutistes et de montagne, les unités du génie et de l'artillerie, mais aussi du renseignement et du train cynophile. Enfin était aussi présent la 13ème demi-brigade de Légion Etrangère (13ème DBLE), mais qui jouait le rôle d'une force adverse très crédible  ! Bien sûr il fallait compter aussi sur la 4ème Brigade d'Aérocombat qui regroupait les moyens et forces des 1er, 3ème et 5ème RHC (Régiment d'Hélicoptères de Combat). Durant la première semaine, la FAMET (Fuerzas Aeromóviles del Ejército de Tierra) espagnole se joignit à l'ALAT avec CH-47 Chinook, NH90 et Tigre. Si l'Aviation Légère de l'Armée de Terre est quasiment sans équivalent dans le monde, la FAMET est sûrement la composante qui s'en rapproche le plus, et ses qualités sont largement reconnues.

Des missions variées

Le tempo de l'exercice était très élevé avec parfois des séquences de plus de 24 heures, durant lesquelles il n'était par rare de voir des équipages voler entre sept et huit heures, bien évidemment la nuit n'interrompant en rien l'exercice.

Les conditions météorologiques rencontrées durant Baccarat furent parfaites selon les responsables de l'exercice. En effet le froid mordant de la nuit et du matin permettait de redécouvrir des contraintes bien différentes de celles liées aux chaleurs intenses affrontées en BSS, aussi bien pour les hommes que pour les matériels. D'autre part au milieu de l'exercice il y eut durant 24 heures une très forte tempête qui traversa la Champagne. Celle-ci obligea à très rapidement relocaliser les hélicoptères dans les installations en dur des 1er et 3ème RHC de Phalsbourg et d'Etain, en effet il y avait un risque à laisser toutes les voilures tournantes à Vouziers-Séchault en extérieur. Mais cet aléa climatique fut perçu comme une chance supplémentaire d'entraîner et démontrer la réactivité des unités à changer rapidement les plans établis.

Des missions spécifiques et rares furent mises en place. Comme celle inhabituelle d'hélicoptères Tigre réalisant une mission d'interception. En effet, lors d'une séquence, les forces ennemies, appuyées par des Apache de l'Army Air Corps britannique, devaient attaquer le terrain de Vouziers et plus particulièrement sa tour de contrôle. Ce fut donc aux EC665 de défendre cet objectif important en se concentrant sur la menace des Apache anglais.


La poudre parle à Suippes

Les 4000 km2 de terrain libre attribué à Baccarat couvraient les camps d'entraînement de Mailly, Suippes, Sissonne et Mourmelon. Lors de la seconde semaine d'entraînement, ces camps étant aussi des champs de tirs, ils furent utilisés pour dérouler des scenarii très réalistes se concluant régulièrement par des tirs réels d'armements de différents types. Très tôt le matin, le jour pas encore levé, on pouvait entendre de nombreuses détonations dans le camp de Suippes. En survolant les différentes zones on pouvait parfois apercevoir ça et là plusieurs petites unités en position faisant feu sur différentes cibles. Mais le feu ne venait pas que du sol, il venait aussi des airs  ! En effet un certain nombre de Tigre avaient été positionnés sur des zones dédiées du camp, d'où ils pouvaient décoller puis aller tirer sur d'anciens véhicules blindés. L’efficacité du camouflage de ces machines était démontrée par le fait que du ciel ils n'étaient souvent visibles qu'au moment du tir. Du sol la noria des EC665 était encore plus impressionnante, ces engins tournaient au loin, attendant l'ordre de faire feu. Quand celui-ci arrivait, les hélicoptères les uns après les autres fondaient rapidement sur leur cible. Le canon en action, en plus de son pouvoir de destruction, par son grondement sourd et puissant ajoutait à l'effet de sidération.


Baccarat 2018 a répondu aux attentes de l'Etat-Major de la 4ème BAC, notamment ceux de développer un esprit guerrier, d'intégrer des alliés, mais aussi de regrouper des spécialistes de différents domaines. Durant les deux semaines de l'exercice, plus d'un millier d'heures de vol furent réalisées. On ressentait l'enthousiasme des participants. Ceci était dû à la diversité des missions assignées, à la grande zone de travail, mais aussi à la taille importante du dispositif.

Enfin comme le disait le général Vallette d'Osia, commandant de cette Brigade, Baccarat a permis de valider l'ABC de l'aérocombat, à savoir Accélération, Bascule et Concentration  !