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Le 3 novembre 2018 s’est tenu sur la base aérienne d’Iruma le traditionnel show aérien annuel. Comme c’est souvent le cas, c’est sous une belle météo d’automne que cet événement s’est déroulé.

Située au Nord-Est de la mégalopole de Tokyo, la base d’Iruma est aussi connue pour accueillir le meeting aérien qui attire le plus de spectateurs au Japon, et cette édition 2018 n’a pas failli à la tradition !

Le tissu urbain étant extrêmement dense dans cette agglomération il n’y a aucune possibilité de se garer en voiture autour de la base, aussi faut-il emprunter le métro pour s’y rendre. Le show aérien ne commençant qu’à 9 h du matin, nous arrivons malgré tout un peu après 5 h 30 devant l’entrée en espérant être les premiers et ainsi pouvoir profiter du statique. Force est de constater que nous arrivons déjà tard, en effet une file d’attente d’environ 300 m s’étale devant nous...Un nombre considérable de militaires a été sollicité pour le bon déroulement de l’événement, aussi c’est dans une certaine fluidité (aidée par la discipline des japonais) que nous arrivons enfin sur la dalle un peu après 8 h. C’est quasiment une course à laquelle nous assistons, en effet les spectateurs se ruent littéralement sur les places le long de la corde délimitant le statique, la zone en face des Blue Impulse étant la plus prisée. Durant plusieurs heures c’est une véritable marée humaine qui va s’écouler sur la dalle, le paroxysme étant atteint peu après 13 h lors de la présentation de la patrouille acrobatique japonaise, à ce moment et durant une grosse heure, la foule est tellement compacte qu’il est simplement impossible de se déplacer ! De la même manière que cela s’est rempli, une fois le show des Blue achevé, la foule quitte en masse la base, seuls restent les passionnés qui prennent en photos les machines du statique qui quittent Iruma dans la foulée.


Un plateau resserré

Ce qui frappe - si l’on met en perspective le nombre considérable de spectateurs - c'est la relative petitesse du plateau statique. Déjà sa présentation, à l’exception d’un C-1, d’un C-130 et d’un CH-47, se fait à distance du public, en effet les avions au statique sont tous placés derrière une corde à une dizaine de mètres des visiteurs. Seuls les trois machines précédemment mentionnées sont au milieu du public, le but étant de faire visiter leur soute. Malgré tout, pour un passionné venant d’Europe, ce faible nombre est largement compensé par l’exotisme des appareils. En effet aux classiques F-15, F-2  il était possible d’admirer un des treize E-2C en service au sein de la JASDF, l’exemplaire présent venant du 601 Hikotai de Misawa. Deux hélicoptères étaient visibles, un AH-1S pour le compte de la Japan Ground Self-Defense Force et un SH-60K pour la Japan Maritime Self-Defense Force. Mais celui qui dominait le plateau statique de toute son envergure, était le Kawasaki C-2. Lancé au début des années 2000, ce programme visait en priorité à pourvoir au remplacement des C-1 et C-130. Alors que le C-1, entré en service en 1974, était une machine aux dimensions plutôt modeste (équivalente au Transall), son remplaçant est d’une toute autre classe, sûrement dû au fait qu’il fut pensé pour être proposé aussi à l’export. En effet le C-2 en termes de capacités se situe entre l’A400M et le C-17. Le premier prototype vola en janvier 2010, puis deux autres appareils le rejoignirent pour mener à bien la campagne d'essais. Les premiers exemplaires furent livrés en 2016, et au moment du meeting d’Iruma six machines étaient en service au sein du 403 Hikotai basé à Miho. Le nombre de C-2 à livrer à la force aérienne japonaise reste assez flou, même si on entend régulièrement parler d’une quarantaine d’exemplaires.

Au milieu du plateau statique trônaient les Blue Impulse, et sur leur droite se trouvait les machines de la base, dont une petite dizaine de Kawasaki T-4. Cet appareil dont plus de 200 exemplaires est en service dans la JASDF, est présent en nombre sur toutes les bases aériennes, à Iruma c'est le Shireibu Hikotai qui met en œuvre cette machine d’une unité rattachée à l'Etat Major de la Défense Aérienne. A noter qu'une des machines portait un insigne «  low wiz  », test sans lendemain ou tendance pour le futur  ?


Quelques démonstrations

A l'instar du plateau statique, les démonstrations aériennes furent très resserrées. En effet il n'y avait que deux créneaux dans la journée pour des évolutions. Une le matin d'un peu moins de deux heures, et celle de l'après-midi d'une grosse heure.

Le matin fut en fait réservé aux machines de la base. L'ouverture du show se fit avec un Gulfstream U-4 et un Mitsubishi T-4. Puis ce fut le Flight Check Squadron qui prit possession du ciel avec un U-125 à la décoration très voyante, mais surtout un NAMC YS-11FC pour qui c'était un des derniers vols avant sa mise à la retraite. Après présentations des hélicoptères, ce furent aux lourds de la base de se montrer avec une démonstration de quatre C-1 leadé par le «  026  » à la décoration chatoyante. Enfin pour clôturer cette matinée ce furent sept T-4 de la base d'Iruma qui enchaînèrent plusieurs manœuvres, comme il est courant sur les meetings aériens japonais, une des machines portaient une très belle décoration spéciale pour l'évènement.

En début d'après-midi, ceux pour qui le public était venu en masse, lancèrent leur show. Comme leurs homologues américains, les Blue Impulse entamèrent leur présentation par une très longue chorégraphie au sol. Après une petite demi-heure de marches au pas, de saluts martiaux aux mécaniciens, et de mises en route synchronisées, la patrouille s'élança pour offrir aux spectateurs sa démonstration. Pour les européens habitués à l'excellence légendaire des Red Arrows, Frecce et autres Patrouille de France, le show des Blue Impulse laisse un peu sur sa faim. En effet, les formations ne sont pas aussi serrées qu'en Europe, et de nombreux temps-morts ponctuent la mise en place des différentes figures. Malgré tout quelques évolutions sont très intéressantes et photogéniques. En revanche l'enthousiasme au sein du public était bien réel, et chaque figure était ponctuée de «  oh  » et de «  ah  », mais aussi d'applaudissements nourris et de crépitements des très nombreux appareils photos.

Enfin après que les Blue se soient posés, tout le public quitta la plateforme, pour ne laisser que quelques passionnés assister au dernier acte aérien de la journée, à savoir les départs des avions. Durant une petite heure tous les invités quittèrent Iruma accompagnés des remerciements distillés dans les haut-parleurs par la speaker.


Au final, un show surement pas à la hauteur de ce qu'on trouve un peu partout en Europe, mais un plateau malgré tout sympathique, et une expérience humaine à vivre une fois dans sa vie, avec une foule (+190,000 personnes) aussi dense rarement vue  !