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2018 sera définitivement une année à marquer d'une pierre blanche pour l'Armée de l'Air. Hasard du calendrier, où plus sûrement traduction d'une réelle impulsion, cette année a vu l'arrivée de nouveaux appareils dans les forces.

L'évènement n'est pas anodin quand il s'agit d'un nouvel appareil, alors quand il y en a trois, on doit parler de phénomène exceptionnel.

Tout a commencé en janvier avec l'évènement marquant l'arrivée du C-130J Super Hercules à Orléans. Puis cela a continué début octobre à Cognac avec la cérémonie pour l'entrée en service du PC-21. Et enfin cela s'est achevé, toujours au mois d'octobre, à Istres avec l'arrivée du tant attendu A330MRTT Phénix.


Le Pilatus PC-21

Fruit d'une longue réflexion menée sur le futur de la formation des personnels navigants, l'Armée de l'Air a sélectionné le PC-21 à travers un partenariat innovant avec Pilatus et Babcock.

Le Rafale étant dorénavant le chasseur le plus représenté dans les forces, il est rapidement apparu que les TB30 Epsilon et Alphajet utilisés lors des phases 2 et 3 de la formation des équipages commençaient à être très éloignés de la «  philosophie  » du biréacteur de Dassault. En effet celui-ci est une machine de son siècle, et se perçoit comme un système et plus seulement comme un vecteur.

Le turbopropulseur suisse représente un véritable bond technologique avec son système de simulation embarquée interactif, ses trois écrans à cristaux liquides, sa visualisation tête haute (VTH), ses sièges éjectables, mais aussi ses hautes performances.

Enfin en choisissant Babcock l'Armée de l'Air a choisi une solution clé en main éprouvée. Lors de la cérémonie début octobre à Cognac, 6 machines étaient déjà en ligne, et le rythme soutenu des livraisons permettait d'envisager une dotation complète de 17 appareils début 2019. Quatre des cinq simulateurs étaient déjà en fonction, et les personnels civils déjà formés permettaient d'avoir une disponibilité de 100% sur le premier mois d'activité.

Un syllabus à finaliser

Début octobre 2018, 10 moniteurs avaient été formés  ; huit d'entre eux en Suisse chez Pilatus à Stans-Buochs durant deux mois, et deux autres après des échanges au sein des forces aériennes suisses et émiraties. Ses dix primo formateurs auront la responsabilité de former d'ici mai 2019 les vingt autres moniteurs. Ces trente personnels auront la charge de former annuellement 30 pilotes, 10 NOSA (Navigateur Officier Système d'Arme) et 10 pilotes de la Marine Nationale. Véritable révolution, le cursus de formation s’effectuera dorénavant pour 40% à l'aide de simulateurs (soit environ 80 heures). Pour ce faire l'école dispose de trois entraineurs de vol ou simulateurs de vol simplifiés, ceux-ci permettant d'appréhender la cabine d'un PC-21, mais surtout de simuler les différentes phases de vol de la machine. S'ajoute à ces trois entraineurs, deux simulateurs de vol ou FMS (Full Mission Simulator) qui plongent l'élève dans un cockpit complet au sein d'une bulle permettant d'avoir une vue quasi équivalente à celle qu'il aura en vol. A noter que ces cinq systèmes peuvent être connectés les uns aux autres afin de simuler des missions à plusieurs, ou bien encore pour permettre de voler en équipage (pilote/NOSA).

Même si durant la phase 2, la priorité reste l'apprentissage des fondamentaux du pilotage, le PC-21 permettra d'initier les stagiaires à quelques thèmes tactiques de bases comme l'interception ou la délivrance d'armement.

Enfin le bond technologique de cet avion, permettra aussi à l'issue du vol de débriefer la mission grâce à des outils de restitution extrêmement précis.

A330 MRTT Phénix

Entrée en service en 1964, la flotte des C-135FR/KC-135R est sans conteste la plus vieille  de l'Armée de l'Air et son remplacement était devenu des plus urgents, le maintien en condition opérationnelle de ces vénérables machines nécessitant des ressources de plus en plus importantes. Lancé en 2014, le programme MRTT a franchi une étape symbolique le 18 octobre 2018 avec la cérémonie officielle marquant son arrivée dans les forces. Preuve de l'importance de ce nouvel avion au sein de l'Armée de l'Air et des Forces Aériennes Stratégiques, c'est Florence Parly, la Ministre de la Défense, qui présidait cet événement.

Extrapolé de l'Airbus A330-200, le Phénix est la version MRTT Enhanced pour laquelle il y a eu quelques adaptations spécifiques liées à la mission de dissuasion nucléaire.

L'arrivée du MRTT entraîne de facto de gros changements. Tout d'abord au niveau des infrastructures. Ainsi la BA125 d'Istres est un immense chantier, un hangar est sorti de terre pour accueillir le très volumineux A330, et d'autres devraient bientôt suivre, tout comme une nouvelle escale lorsque les missions de l'Esterel seront reprise par la 31ème EARTS (Escadre Aérienne de Ravitaillement et de Transport Stratégique).

L'équipe de marque

Pour défricher le programme Phénix au sein de l'Armée de l'Air, une équipe de marque a été mise en place. Celle-ci est composée d'une soixantaine de personnes  répartie entre pilotes, opérateurs de ravitaillement en vol, mécaniciens, et agents sécurité cabine. Huit pilotes sont qualifiés sur le nouvel MRTT, six sont d'anciens du C-135, et les deux autres ont été en échange au sein de la RAF sur Voyager pour l'un, et dans la RAAF sur KC-30 pour l'autre. Comme le dit l'Armée de l'Air «  L'équipe de marque Phénix apporte une expertise opérationnelle afin de permettre l'intégration de ce nouvel appareil dans son système de force (les FAS). Elle définit également toute la documentation qui décrit notamment les modes opératoires et fixe les limites d'emploi  ».

Le contrat opérationnel impose qu'il n'y ait pas de rupture de capacité, aussi la déflation du parc Stratotanker ne commencera que lorsque la première capacité opérationnelle de l'A330 aura été prononcé (en octobre 2019). Pour atteindre cet objectif le rythme est très soutenu, le Phénix vole ainsi deux à trois fois par jour en cet automne 2018.

Au delà des missions de ravitaillement en vol et de logistique largement connues et éprouvées sur d'autres machines, il va falloir avec le Phénix découvrir et utiliser les nouvelles capacités offertes par la L16 (liaison de données), mais aussi s'approprier la mission de relais de communication et relais d'informations ISR.


Il est prévu que douze machines soient en service à l'horizon 2023, et la cible finale de quinze appareils devrait être atteinte en 2025.

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