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Du 16 au 26 septembre dernier, dans le quart est de la France, s'est déroulé «  Baccarat 2019  ». C'était la troisième édition de cet exercice organisé par la 4ème brigade d'aérocombat (4ème BAC). Par son ampleur, par ses moyens mis en œuvre, et par le réalisme des scénarios, «  Baccarat  » s'est déjà imposé comme un événement majeur de la préparation opérationnelle, et cette édition fut sûrement celle de la consolidation.

Les objectifs poursuivis par cet entraînement étaient parfaitement résumés par le mot d'ordre de Baccarat 2019  «  Fulgurance, puissance et actions dans la profondeur  ».

Pour l'anecdote, le nom de Baccarat a été choisi car il reprend les trois premières lettres de la 4ème  BAC, et la ville de Baccarat est proche d'Essey-les-Nancy où fut stationnée de longues années la 4ème DAM puis 4ème BAM, ancêtres de l'actuelle brigade d'aérocombat basée à Clermont-Ferrand.


Haute intensité

Cet exercice visait à maintenir le haut niveau de préparation de la 4ème BAC en combinant des phases de manœuvres et des tirs réels.

Une des particularités de Baccarat était que les résultats des différentes manœuvres effectuées quotidiennement décidaient de l'évolution du scénario. Ce dernier s'est articulé en trois phases principales  :

  1. -La reconnaissance et le renseignement sur les intentions de l’ennemi

- La saisie des points clé

  1. -Le contrôle de zone du terrain conquis et la destruction d’objectifs dans la profondeur

Ces dernières années les scénarios des grands exercices menés par les membres de l'OTAN ont peu à peu délaissé le concept de combat asymétrique pour revenir à des conflits de haute intensité entre puissances militaires. Baccarat 2019 ne fit pas exception à la règle, et ici le conflit se déroulait sur un théâtre de type Centre-Europe. Plus précisément, l'action se déroulait dans une zone qui s'étendait des camps militaires de Champagne aux plaines d'Alsace. 

Un rapide coup d'œil sur les forces en présence donnait une solide indication de l'importance de cet exercice. 1500 militaires en continu (2200 engagés sur la durée de Baccarat), près de soixante hélicoptères et plus de 80 véhicules blindés.

L'ALAT en force

Pour Baccarat, les 1er, 3ème et 5ème RHC (Régiment d'Hélicoptères de Combat) étaient impliqués. Tout l'éventail des machines mises en œuvre par l'ALAT étaient visibles, du Puma au Tigre, en passant par les Gazelle, Cougar et autres Caïman. Des Fennec montés de Luc étaient même présents pour effectuer quelques missions de servitude auprès de différentes autorités. Au début de l'exercice, une partie du dispositif aéromobile se trouvait sur le terrain de Vouziers-Séchault. Cette ancienne base aérienne de dispersion fut utilisée par l'USAF en Europe dans les années cinquante et soixante, abandonnée au départ des américains, elle est toujours un terrain militaire, et sert régulièrement à l'entraînement des unités du génie de l'air pour la réparation des pistes. Une vue des parkings lors de Baccarat donnait une bonne vision de la transformation opérée par l'Armée de Terre, en effet les Tigre et Caïman étaient presque majoritaires dans le dispositif, les Gazelle étaient encore nombreuses, alors que les Puma/Cougar commençaient à se faire un peu plus rares. Une transformation qui sera achevé dans le courant des années 2020 avec l'entrée en service du Guépard (H160).

Shakespeare et Cervantes

Baccarat se voulait de nouveau un exercice international avec la participation de certains de nos partenaires.

Pour l'occasion l'Army Air Corps britannique avait déployé un gros contingent de machines, avec huit Apache du 3rd Regiment AAC de Wattisham, complété par des Wildcat du 1st Regiment AAC de Yeovilton.

De même, une nouvelle fois les espagnols étaient venus en force. En effet, du point de vue français la FAMET (Fuerza Aeromóviles del Ejército de Tierra) est sûrement la force qui se rapproche le plus de l'ALAT et du concept d'aéromobilité, et ses qualités sont largement reconnues. L'Espagne avait dépêché dans l'Est de la France des NH90 et des EC665. Mais ceux qui attiraient un peu plus l'attention, étaient la paire de Chinook. En effet ce genre de machine n'existe pas dans l'inventaire français, et en BSS ce sont nos alliés qui assurent cette mission de transport lourd par hélicoptère (actuellement les anglais avec trois CH-47D).


Direction 2020

Il semble que Baccarat ait rapidement trouvé sa place dans la validation de la préparation opérationnelle de nos forces. En effet peu d'exercices permettent de s'entraîner ainsi avec des élongations conséquentes, et obligent au dialogue de commandement pour anticiper les bascules «  aéro  ». Enfin, le volume de moyens engagés offre une vraie plus-value en terme de réalité.

Nul doute que cet exercice a de belles années devant lui  ; rendez-vous en 2020  ?