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Mise en place en 2004, la NATO Baltic Air Policing qui vise à assurer la protection de l'espace aérien des trois pays baltes (Estonie, Lettonie, et Lituanie) est quasiment devenue une mission régalienne de l'OTAN.

En janvier 2020, la 52ème rotation de cette mesure de réassurance, voyait la Belgique avec sa Composante Air, prendre à sa compte pour la 10ème fois cette mission. La Belgique a supporté plus qu'aucune autre nation de l'OTAN ces rotations de quatre mois. Par exemple la seconde nation la plus impliquée est la Pologne avec sept rotations, la France quant à elle en étant à cinq.


NATO Air Policing

La mission Baltic Air Policing s'intègre plus globalement dans le concept de NATO Air Policing (NAP). La NAP est une mission de défense collective de temps de paix de l'OTAN, qui est un des  fondements de la création du traité de l'Atlantique Nord. Ce concept, sous l'autorité du SACEUR (Supreme Allied Commander Europe), garantit d'assurer la protection et l'intégrité de l'espace aérien des alliés en maintenant disponible une police du ciel 24 heures sur 24 et 365 jours par an.

Comme le terme de «  police  » le suggère, la NATO Air Policing est là pour répondre à toute situation aérienne qui sort de l'ordinaire. La majorité des interventions au-dessus de l'Europe concerne le trafic civil qui a habituellement pour cause principal une COMMLOSS (perte de communication). En 2019 il y a eu 489 incidents de ce genre qui ont nécessité de déclencher 80 QRA (Quick Reaction Alert) soit l'interception de l'avion en détresse par un chasseur de l'OTAN. L'autre grande affaire de la NATO Air Policing est l'interception du trafic aérien militaire russe qui transite le long des espaces aériens des membres de l'OTAN. En 2019, il a fallu lancer 290 interceptions pour ce genre d'évènements  !

Pour réaliser cette mission, l'OTAN a mis en place deux CAOC (Combined Air Operations Centre), un à Torrejon en Espagne, l'autre à Uedem en Allemagne. Schématiquement l'espace aérien européen a été divisé en deux parties, une Nord et une Sud. Chacun des CAOC est responsable d'une zone. Pour assurer au mieux cette protection H24 de l'espace européen, ces centres disposent d'un ensemble de 30 stations radar et 35 bases aériennes avec un plot QRA.

Activation des QRA

En ce début janvier, le CAOC d'Uedem a profité du vol de l'Airbus A321 de la Composante Air à destination de Siauliai pour montrer in situ comment le Nord de l'Europe est protégé par les différents membres de l'OTAN. A peine avons nous décollé de Melsbroek, que nous prenons un cap ouest en direction de la France où nous sommes de suite interceptés par un Rafale B scramblé du plot PO (Permanence Opérationnelle) de Saint-Dizier. Le chasseur du Gascogne nous accompagne jusqu'au-dessus de la Manche. Enfin nous arrivons au-dessus de l'Angleterre, à la verticale du terrain de Mildenhall, deux Eurofighter Typhoon de RAF Coningsby nous prennent en charge. Ils ne vont pas nous lâcher d'une semelle jusqu'à ce qu'une paire de F-16 danois prenne le relais pour intercepter notre Airbus. Puis c'est une paire de Hornet finlandais qui rassemble sur nous après que nous soyons entrés dans l'espace aérien de la Finlande. Enfin des F-16 polonais décollant d'Amari en Estonie finiront de nous accompagner jusqu'à ce que nous pénétrions en Lituanie.

BAP 52

Se poser sur la base aérienne de Siauliai s’apparente à un voyage dans le temps. Tout d’abord, du ciel on prend conscience de la taille gigantesque de la base avec sa longue piste (3500m), son taxiway très large et tout aussi long (+3200m) qui faisait et fait toujours office de piste parallèle, ses parkings de dispersion nichés dans les bois environnants, et ses nombreux abris bétonnés. Au sol le sentiment d’être en Union Soviétique au temps de la guerre froide est encore plus prenant. Les parkings et anciens taxiways sont pavés comme l’étaient les bases aériennes du pacte de Varsovie, et d'énormes pylones rouges et blancs supportent les puissants éclairages permettant de s'affranchir de l'obscurité. Les anciennes zones vies sont grises et froides et quelques cellules abandonnées de Mil et d’Antonov ici et là participent à ce «  Retour vers le futur  ». Mais la marque de l’OTAN est bien visible, ce sont d’abord ces pistes et taxiways resurfacés comme cela est la norme à l’Ouest, ainsi que ces nouveaux bâtiments flambant neufs et comme il se doit la zone QRA qui en dehors de quelques abris bétonnés très VVS ressemblent aux bases de l’OTAN

Depuis 2014 le volume des déploiements de Baltic Air Policing a été revu à la hausse, en effet en plus du plot historique de Siauliai, un autre plot a été mis en place à Amari en Estonie

En janvier 2020 les belges avec quatre F-16 du 349 Sqn tenaient le plot en Lituanie, tandis que les polonais, avec eux aussi des F-16, étaient stationnés à Amari.

Le contingent belge se composait de 60 personnes. Pas seulement des techniciens avions et des pilotes, mais aussi des pompiers, des météorologistes, des policiers et même un médecin. A noter que lors de ce déploiement était aussi présent un Air Defense Controler

Sur les quatre Fighting Falcon déployés deux sont toujours armés et prêts à partir sous 15 minutes maximum. Ce délai peut être beaucoup plus court comme nous avons pu le constater de visu, avec un départ en à peine trois minutes après que l’alerte ait retenti. Dans ce cas les centrales inertielles sont préalablement calées

Les avions sont armés de deux AMRAAM, deux Sidewinder et de 250 obus dans le canon Vulcan. Un pod de désignation est aussi monté sous l’entrée d’air dans le but de faire des identifications à distance où de profiter du mode infrarouge.


Les Alpha Scrabble sont courants, en effet de par sa situation géographique la Lituanie voit passer le long de son espace aérien le trafic aérien militaire russe qui part de la Russie pour rejoindre l’enclave de Kaliningrad. Comme souligné par la Composante air belge, ces interceptions se passent bien dans la très grande majorité des cas.


I would like to thanks the belgian Composante Air to the build up of this event