index.html

Pour faire défiler les images, cliquez à gauche ou droite, pour fermer l’image cliquez au centre de celle-ci

Naissance d’une légende

Tirant les enseignements du conflit vietnamien qui venait de s’achever, l’Air Force après étude (rapport Red Baron), arriva à la conclusion que les chances de survie au combat de ses équipages augmentaient considérablement après dix missions de combat. Pour qu’un pilote puisse acquérir cette précieuse expérience en s’entraînant, il fallait pouvoir offrir un environnement des plus réalistes possible. C’est ainsi que naquit en 1975 sur la base de Nellis, le fameux exercice Red Flag.

Dans le désert du Nevada se trouve le Nellis Test Training and Range (NTTR), un espace gigantesque de près de 25 000 kilomètres carrés, dans lequel les avions peuvent voler sans aucune restriction, et tirer à loisir toutes sortes d’armements inertes ou « bons de guerre ». Ce NTTR offre quantités de cibles au sol (près de 1900 !), du blindé à la fausse piste d’aviation en passant par le bunker ou le site de missiles. Pour offrir une situation tactique des plus réaliste, le Range est truffé de radars d’acquisitions, d’armes anti-aériennes ou bien encore de missiles sol-air.

Red Flag 12-3

Pour cette deuxième session de l’année 2012, les forces « bleues » avaient à leur disposition un très large éventail de machines, leur permettant de conduire leurs missions au-dessus du désert du Nevada, tout en tentant de gérer la menace des forces « rouges » conduites par les Agressors des 64th et 65th AGRS !

Dans un premier temps, des F-16CJ des « Bulldogs » du 179th FS de l’Air Force, en conjugaison avec des EA-6B Prowler de la VMAQ-4 des Marines se chargeaient de la mission SEAD (Suppression of Enemy Air Defenses) en neutralisant les menaces sol-air. Ces menaces sol-air éliminées, les avions chargés de l’appui au sol pouvaient entrer dans la danse. Pour se faire, les forces « bleues » pouvaient compter sur la présence de F-15E de Mountain Home et Seymour Johnson, de F-16C de la garde de l’Ohio, de Hornet de la VMFA-122 de l’USMC, de F/A-18 de la Royal Australian Air Force, de Tornado de la RAF ou bien encore de rares B-2A stationnés habituellement à Witheman AFB. Pour assurer la protection de cette redoutable armada, une noria de Raptor du 1st FW de Langley AFB, mais aussi d’Eagle de la garde de l’Oregon décolla. La mission de ravitaillement en vol était assurée par des KC-135 du 91st ARS de MacDill AFB. Enfin, cet énorme dispositif était guidé par un AWACS de Tinker AFB et par un E-2D Hawkeye de la VX-1 de NAS Patuxent River !

Weapon School

Les pilotes instructeurs du Weapon School servirent de mentors pour les participants du Red Flag 12-3. Ces instructeurs, qui suivent pendant six mois la formation de cette école, mirent leur expertise au service de cet exercice, afin d’augmenter son niveau d’exécution. Ces pilotes, qui sont qualifiés sur l’ensemble des machines mises en œuvre par l’Air Force, étaient là pour aider le Mission Commander désigné pour le vol du jour. Typiquement, l’instructeur aide le MC dans la phase de planification et de préparation de la mission, puis il observe celle-ci se dérouler, et enfin à l’issue de celle-ci, il débriefe avec le Mission Commander afin que celui-ci puisse en tirer le plus d’enseignements possibles. 

Des kangourous dans le Nevada

Depuis une vingtaine d’années la Royal Australian Air Force (RAAF) a pris l’habitude de participer tous les deux ans à l’exercice Red Flag. Cette année la RAAF avait déployé pas moins de huit F/A-18A Hornet du 75 Squadron / 81st Wing de la base de Tindal dans le Territoire du Nord. Ce dispositif était servi par 145 personnels. Le Group Captain Iervasi, commandant du détachement, avait amené avec lui une majorité de jeunes pilotes peu expérimentés, afin de leur offrir l’opportunité d’acquérir rapidement une solide expérience, profitable à l’ensemble de l’unité. Mettre en œuvre des machines maintenant anciennes (plus de 25 ans d’âge) était un challenge, que les mécaniciens relevèrent, afin que toutes les missions puissent être effectuées. Il est à noter que durant cette session 12-3, le Squadron 75 fêta un anniversaire important, à savoir celui de ses 70 ans d’existence. Pour l’occasion une machine (A21-38) arborait une jolie décoration commémorative.

Première pour les MC-12W Liberty

Cette session vit aussi un avion faire ses grands débuts à Red Flag, en l’occurrence le Beechcraft MC-12W Liberty. Développée à partir d’une cellule de King Air 350, cette machine est spécialisée dans les missions ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance). Pour l’Air Force, cet avion est depuis le P-51 Mustang, l’appareil qui a eu le délai le plus court, entre son lancement et son entrée en service actif. Lancé en octobre 2008, le programme fut mené à son terme en juin 2009. Le 489th RS de Beale AFB qui participait à ce Red Flag n’avait été activé qu’en août 2011 ! Cette machine est utilisée en Afghanistan pour suivre des cibles de grande valeur tactique, ou bien très sensible d’un point de vue facteur temps.

Cette unité s’est spécialisée dans un concept qu’elle appelle, «find, fix and finish ». L'image ISR entière est connectée du ciel à la « vue aux jumelles »sur le terrain. L’équipage du MC-12W, grâce à ses capteurs, localise l’emplacement exact des « méchants », puis fait intervenir et coordonne les moyens aériens nécessaires, pour atteindre les effets dont le commandement au sol a besoin.

Le Lt Colonel Bodine commandant du 489th RS, expliqua que lors de cette session, il avait des équipages en formation, qui dans la foulée du Red Flag rejoindraient sous dix jours le théâtre d’opération afghan, pour participer dans la foulée à des missions de combat !

Les Agressors

En plus des menaces au sol, pour rendre l’exercice encore plus réaliste, Red Flag oppose au forces « bleues » (les gentils) des forces aériennes « rouges » jouées par les célèbres Agressors. Le 64th AGRS met en œuvre depuis 1989 une bonne vingtaine de F-16C  (Block 25 et Block 30) pour jouer les « bad guy ». En 2005 fut adjoint un nouvel escadron, à savoir le 65th AGRS, celui-ci met en œuvre des F-15C/D Eagle qui augmentèrent notablement le niveau de l’opposition en jouant le rôle de chasseurs de la classe du Flanker russe. Les F-15 permirent en effet d’opposer aux forces « bleues », des appareils ayant des capacités de détection et d’altitude d’évolution supérieure à la flotte de l’Air Force, majoritairement composée de Fighting Falcon. Même si les pilotes des Agressors sont très expérimentés, lors des missions, ceux-ci essaient de toujours penser « rouge », c’est à dire qu’ils volent et combattent selon les tactiques mises en application par des ennemis potentiels de l’USAF.

Pour devenir un pilote d’Agressors il faut justifier de 600 heures de vol sur F-16 ou F-15. La formation est d’environ une cinquantaine d’heures de cours théoriques sur les capacités de l’ennemi, complété par 23 vols.

LA référence

La crise économique mondiale n’a pas épargné Red Flag avec dorénavant moins de sessions annuelles. Malgré tout, cet exercice reste LA référence de l’entraînement aérien dans un environnement ultra-réaliste, et à vrai dire ne possède pas d’équivalent dans le monde.

Depuis 1975, pas moins de 28 forces aériennes ont participé à Red Flag. Durant ces 37 ans,  440 000 personnels militaires y ont été entraînés, et 385 000 missions y ont été menées, représentant 660 000 heures de vol !


We would like sincerely to acknowledge, the media team of the 99th ABWPA