Nichée au sud de la très belle région du Péloponnèse, la base aérienne de Kalamata joue depuis des décennies un rôle crucial pour la force aérienne grecque. C’est en effet ici que le 120 PEA forme les futurs militaires de son armée de l’air. C’est aussi sur cette base que cette unité dispense des formations au profit de pilotes étrangers dans le cadre otanien du NFTE (NATO Flight Training Europe).
Kalamata Air Base
Construite à la fin des années 1950 en tant que base de desserrement de l’OTAN, la base aérienne de Kalamata entreprend des travaux d’aménagement à la fin des années 1960 afin de devenir, en 1970, le lieu de stationnement permanent du 120 PEA (Air Training Wing). En effet, la situation stratégique dans le sud de la Grèce et la météo très clémente offrent des conditions idéales pour assurer cette mission.
Cette escadre, créée en 1960, est la seule responsable de l’entraînement des futurs pilotes de la force aérienne grecque. Au fil des années, s’y sont succédé les Lockheed T-33 T-Bird, Cessna T-37 Tweet et North American T-2 Buckeye, avant l’arrivée des machines actuelles, à savoir le duo Beechcraft T-6 Texan II et Leonardo M-346 Master.
Le 120 PEA
Après que les élèves ont validé la phase I de leur cursus (formation initiale) au sein du 360 MEA de la base de Tatoi, ils peuvent poursuivre leur formation à Kalamata.
C’est le 120 PEA qui dispense les phases II, III et IV aux cadets grecs, aux officiers grecs ainsi qu’à des élèves étrangers, afin d’en faire des pilotes militaires prêts à rejoindre une unité de première ligne, au sein de laquelle ils peaufineront leur formation.
L’Air Training Wing est garante du bon niveau de préparation des diplômés, en s’assurant de leur qualité professionnelle en vol, de leur discipline, du respect de la sécurité des vols et de leur adéquation avec l’environnement militaire.
Le Wing veille également à transmettre un état d’esprit fondé sur la confiance et l’efficience.
Enfin, il est à noter que c’est également à Kalamata que les élèves effectuent le stage de survie en milieu aquatique.
Phase II sur T-6
L’élégant T-6A Texan II arrive dans la force aérienne grecque en août 2000. Au fil des années, 45 machines de ce type sont livrées. Elles équipent les 361 et 364 MEA (escadrons).
Cet appareil permet de se séparer des derniers T-37. Un instructeur, ancien pilote de Phantom, nous fait remarquer qu’après avoir effectué toute sa carrière sur bimoteur — T-37, T-2 puis F-4 — il découvre avec plaisir le monoturbine Texan II aux très belles qualités de vol. Le T-37 était réputé pour être une extraordinaire plateforme pour l’entraînement aux vrilles ; il semble que cette manœuvre soit encore plus plaisante sur T-6.
Cet avion permet aux élèves d’acquérir les fondamentaux du pilote militaire, à savoir la discipline et la précision du vol. Durant cette phase, ils s’essaient à la prise en main d’un nouvel appareil, à l’acrobatie, aux circuits, aux vols aux instruments, à la navigation et au vol en formation. Cette phase II est majoritairement effectuée avec un instructeur en place arrière, même si certains vols se font en solo. La formation ne se limite pas aux vols : il existe également un volet important lié à la préparation des missions.
Une fois cette phase achevée, l’élève doit posséder de solides bases aéronautiques et les bons réflexes associés. Si, à l’issue de cette étape, il ne répond pas aux attentes pour devenir pilote de chasse, il est orienté vers les filières transport ou hélicoptères, dispensées sur d’autres bases du pays.
Phases III et IV sur M-346
La phase III consacre la transformation sur Leonardo M-346. Le rythme s’accélère considérablement et les élèves doivent s’adapter à des vitesses plus élevées, à des prises de décision plus rapides ainsi qu’à un avion beaucoup plus complexe. Durant cette phase, ils progressent dans les procédures liées à un avion de combat, effectuent davantage de vols aux instruments, pratiquent plus intensivement le vol en formation et découvrent les rudiments du vol de nuit. Ces entraînements s’accompagnent également d’une utilisation accrue des simulateurs.
Enfin vient la phase IV, qui conduit les élèves vers le cockpit d’un avion de combat. Ce quatrième volet de la formation met l’accent sur le combat air-air, l’attaque air-sol, les manœuvres de combat, l’utilisation de l’armement et la préparation des missions. Le simulateur joue alors un rôle central, en permettant aux élèves de s’entraîner à des scénarios complexes qu’il serait difficile, voire impossible, de reproduire en conditions réelles.
Il est à noter que tout le processus de formation se déroule en lien étroit avec les unités de première ligne, afin d’affiner en permanence le programme et de répondre au mieux aux besoins opérationnels. La plupart des instructeurs sont d’ailleurs issus de la communauté chasse.
École européenne NFTE
Le NFTE (NATO Flight Training Europe) est une initiative lancée en 2020 par treize pays de l’OTAN pour mutualiser la formation des pilotes militaires en Europe. L’idée est de créer un réseau de centres d’entraînement répartis dans plusieurs pays, afin de former des pilotes de chasse, d’hélicoptères, de transport ainsi que des opérateurs de drones. La philosophie consiste également à utiliser des structures existantes plutôt qu’à en construire de nouvelles.
Les principaux objectifs sont la réduction des coûts, la standardisation des formations au sein de l’OTAN et l’amélioration de l’interopérabilité entre alliés.
Actuellement, deux centres principaux se distinguent : celui du 120 PEA de Kalamata et l’International Flight Training School (IFTS) de Decimomannu en Italie.
Lors de notre visite, la base aérienne se prépare à célébrer le macaronnage de pilotes croates et allemands.
Il est à noter que, pour l’instant, la France n’a pas encore intégré le NFTE.
Un futur brillant
La base de Kalamata et son unité associée, le 120 PEA, se sont imposées comme un rouage essentiel de la formation des pilotes de combat grecs et européens. Les standards élevés que s’impose ce Wing en font une référence dans le domaine. Enfin, le couple T-6 / M-346 semble constituer une réponse particulièrement adaptée pour former les pilotes de demain, appelés à évoluer sur des appareils de 4e et 5e génération toujours plus sophistiqués.
T-6A Texan II / 025
T-6A Texan II / 044
T-6A Texan II / 044
T-6A Texan II / 025
T-6A Texan II / 024
M-346 Master / 243
T-6A Texan II / 007
M-346 Master / 252